‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 72 sur 200 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De la monarchie.

Jusqu'ici pous av(ms considéré le prince comme une personne morale et collective, unie par la finnae 4es lois , et dépositaire dans Tétat de la puissance o^oér leutive. Nous avons m^ntenant à considérer cette puissance réunie entre les mainsrd une personne nai«u*eU^, d'un homme réel , qui seul ait drpit d'en disposer sdon les lois. C'est oe qu'on appelle u» monapque ou iwroi.

Tout am contraire des autres administratioBS où «n !èlare collectif représeote un individu , dans ceHe-.d xm individu vapi^sente un être coUeotf ; en sorte quis i'unilé morale cpii cotiistit«flie le prince est en màxop temps une unité physique , dans laquelle toutes les facultés que la loi réunit dans l'autre avec tant: d'eS- 'fiut se trouveoÊt naturellement réunies. «

* Aristote n'établît nulle part que la prëférence soit toujours dde «ux ricKes. Il àil formeOement an contraire (liv. m, cfaap. xi() 4|Qe ledroî^ qu'on -fon4e ««r les lichems et la aobli^se^ «st mi'drolt p}us|rae donteux. A la Tirité il reconnoh (ch^p. ip (jUi^iyr,e ly) qu'il est plus ordinaire de rencontrer parmi les riches 1^ ss^voir j^oint à la naissance, et qu'ils sont moins exposés à la tentation de mal îCàîve; mais dans ce ménie chapitre 10 et dans le suivant, ayant à if^qer %oifs» le nouLdje Patitie (libMW«).ou rapubliqise pmpiiîmeiit dite Y le modèle du plas ei^ceUent gonvamem^nt, il f^ .i|Ei^ptrQ)>i9a ëloiçnë d'une préférence exclusive, ^t conclut ^ ce qu^l |<fit,nris un moyen terme^ entre Totigarchve où Fpn ne considère qi^e le rçvemi, et la démocratie où 1*00 n'en tient nul compte.

is.

l8o DU CONTRAT SOCIAL.

Ainsi la volonté du peuple , et la volonté du prinee , et la force publique de Tétat, et la force particulière du gouvjernement, tout répond au même mobile , tous les ressorts de la machine sont dans la même main , tout marche au mrâie but ; il n'y a point de mouvements opposés qui s'entre-détruisent , et Ton ne peut imaginer aucune sorte de constitution dans laquelle un moindre effort produise une action plus considérable. Ârchiméde, assis tranquillement sur le rivage et tirant sans peine à flot un grand vaisseau , me représente un monarque habile, gouvernant de son caUnet ses vastes états, et faisant tout mouvoir en paroissant immobile.

Mais s'il n y a point de gouvernement qui ait plus de vigueur , il n'y en a point où la volonté particulière ait plus d'empire et domine plus aisément les autres : tout marche au même but , il est vrai ; mais ce but n'est point celui de la félicité publique , et la force même de l'administration tourne sans cesse au préjudice de l'état.

Les Bois veulent être absolus , et de loin on leur crie que le meilleur moyen de l'être est de se fairç aimer de leurs peuples. Cette maxime est très belle, et même très vraie à certains égards : malheureusement on s'en moquera toujours dans les cours. La puissance qui vient de Famour des peuples est sans doute la plus grande ; mais elle est précaire et conditionnelle ; jamais les princes ne s'en contenteront. Les meilleurs rois veulent pouvoir être méchants s'il leur plaît, sans cesser d'être les maîtres. Un sermonneur politique aura beau leur dire que la force du peuple étant la leur , leur

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