‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 73 sur 200 · LIVRE m, CHAPITRE VI. l8l · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE VI. l8l

plus grand intérêt est que le peuple soit florissant, nombreux, redoutable; ils savent très bien que cela n est pas vrai. Leur intérêt personnel est première:ment que le peuple soit foible, misérable, et quil ne puisse jamais leur résister. J'avoue que, supposant les sujets toujours parfaitement soumis , llntérêt du prince seroit alors que le peuple fût puissant, afin que cette puissance étant la sienne le rendit redoutable à ses voisins; mais comme cet intérêt n'est que secondaire et subordonné, et que les deux suppositions sont incompatibles , il est naturel que les princes donnent toujours la préférence à la maxime qui leur est le plus immédiatement utile. C'est ce que Samuel représentoit fortement aux Hébreux : c'est ce que Machiavel» fait voir avec évidence. En feignant de donner des le^ çons aux rois, il en a donné de grandes aux peuples. Le Prince de Machiavel est le livre des républicains'.

' Macbiavel étoit un honnête homme et un bon citoyen ; mais , attaché à la maison de Mëdicis, il étoit forcé, dans Foppression dé sa patrie, de déguiser son amour pour la liberté. Le choix seul de son exécrable héros * manifeste assez son intention secrète ; et Topposition des maxmies de son livre du Prince à celles de se» Discours sur TiteLive, et de son Histoire de Florence , démontre que ce profond politique n*a eu jusqu'ici que des lecteurs superficiels ou corrompus. La cour de Rome a sévèrement défendu son livre ; je le crois bien ; c*est elle qu'il dépeint le plus clairement **.

' César Borgia.

** M. Guirandet , dans le tome premier de sa tradaction de Machiavel. ( Discours sur Machiavel, page 3), annonce qn'avant Rousseau Bacon avoit dit: ■ Rendons grâces à Machiavel... en feignant de donner des leçons • aui rois, il en a donné aux peuples. » Diderot depuis {EncycUypédie, article Machiavélisme ) a présenté sur cet écrivain et sur son intention secrète, la même opinion que Rousseau dans cette note , et M. Gairandet

I$a DU CONTRAT SOCIAL.

JNow atons trouvé , par les rapports géiiéraux, que la donarchie n est convenable qu aux grands états \ et nous le trouvons encore en Texaminant en elle-même. Plus Fadministration publique est nombreuse , plus le rapport du prince aux sujets Aminue et s'approche de Tégalité, en sorte que ce rapport est un ou Tégalité » même dans la démocratie. Ce même rapport augmente k mesure que le gouvernemeiit se resserre, et il est dans son maximum quand le gouvernement est dans les mains dun seul. Alors il se trouve un<e trop grande distance entre le prince ef le peuple , et letat manqua de liaison. Pour la former , il faut donc des ordres intennédiàires ; il faut des princes , des grands » de la no^ ble^e pour les remplir. Or , rien de tout cela ne convient à un petit état ,^ que ruinent tous ces degrés.

Mais s'il est difficile qu'un grand état soit bien gouverné ^ il lest beaucoup plus qu'il soit bien gouverné par un seul homme ; et chacun sait ce qu'il arrive quand le roi se donné des substituts.

Un déiBsiut essentiel et inévitable, qui mettra toujours le gouv^nement monarchique au-dessous du républicain , est que dans celui-ci la voix publique n'élève presque jamais aux premières places que dés hommes éclairés et capables , qui les reiiiplissent avec ' honneur; au heu (jue ceux qui parviennent dans les monarchies ne sont le plus souvent que de petits brouillons , de petits fripons , de petits intrigants , à qui les petits talents , qui font dans les coiu*s parvenir aux

eofio est entfé sur ce nget ^ns des développements faits pour 6ter tout donte fdm* le vrai but que s'est .proposé rhisiorien florentin dans tous lOf éqriï*. • ,

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