‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 77 sur 200 · LIVRE III, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VIII

sent la vérité ; plus on le conteste , plus on dopne occasion de rétablir par de ^nouvelles preuves.

Dans tous les gouvernements du monde la personne publique consomme et ne produit rien. D où lui vient dono la substance consommée? Du travail de ses membres. C'est le superflu des particuliers qui produit le nécessaire du public. D'où il suit que Fétat civil ne peut subsister qu'autant que le travail des hooimes repd au-delà de leurs besoins.

dr, cet excédant n est pas le même dans tous les pays du monde. Dans plusieurs il est considérable ; dans d'autres médiocre , daHs d^autres nul , dans d'autres négatif.. Ce rapport dépend de la fertilité du cli-r mat , de la sorte de travail que la terre exige , de la nature de ses productions, de la force de ses habitants, de la plus ou moins grande consonunation qui leur est;nécessaire, et de plusieurs autres rapports semblables desquels il est composé.

D'autre part, tous les gouvernements ne sont pas de même nature ; il y en a de plus ou moins dévorants; et les différences sont fondées sur cet autre principe, que, plus les contributions publiques s'éloignent de leur source, et plus elles sont onéreuses. Ce n'est pas sur la quantité des impositions qu'il faut mesurer cette charge , mais sur le chemin qu'elles ont à faire pour retourner dans les mains donlelles sont sorties. Quand cette circulation est prompte et bien établie , qu'on paie peu ou beaucoup ^ il n'importe; le peuple est toujours riche , et les finances vont toujours bien. Au contraire , quelque peu que le peuple donne, quand ce peu ne lui revient point, en dcmnant tou-

jours , JiiaitAt il s efwjàse; Fétac n'est jamais lidie, et le peuple eJBt toujours gueux.

iLsuit de là que plus la distance du peuple au gouvernement augmente, et plu€ les tributs deviennent onéreux : ainsi , dans la démocratie le peuple est le moins chargé; dans Fartstocratie , il Test davantage; dans la monardiie, il porte le plus graoïd poids. La monarchie ne oonvient àiofoc qu'aux nattons <^u|6Btes; Faristocratie aux états médiop^es en richesse ain^ qu'en grandeur; la démocratie aux états petits et pauvres.

En effet, plus on y i^fléchit^ plus on trouve ^i ceci de différence entre les états libres et les monaaN chiques. Dans les premiers tout s'emploie à l'utiiité commune ; dans les autres les forces puidâques et particulières sont réciproques; et Fune s'augmente par l'afifo^issemeot de Fautre : enfin, au lieu de gouvelv ner les sujets pour les rendre heureux , le despod^ne les nend misérables pour les gouverner.

Voilà donc, dans chaque climat, des oauses natu* Telles sur lesquelles o«i, peut assigne»* la forme de gouvernement à laquelle la force du climait F^nteaine, jSt dire même quelle esqpêce d'habimnts il doit avoir.

Les lieux ingrats et stériles, ak le pvodxrit ne vaut pas le travail, doivent rester incukes et déserte , ou seulement peuplés de sauvages : les Ueux oà le travail des bpnmes ne rend exactiement que le nécessaire doiveM être habités par des pepples bai^bar^s; tout(B folitie y serait in^sgible : les lieux où Fexeèsd|& .pruduit sur le travail 'est médiocre conviennent aux ^ -peuples libres: ceux ou^le terroiriabonda|itecliferttte

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