‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 83 sur 200 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De labus du gouveiiiemeDt, et de sa pente à dégéDérer.

Gomme la volonté particulière agit sans cesse coatre la volonté générale , ainsi le gouvernement fait un effort continuel contre la souveraineté. Plus cet effort augmente, plus la constitution s'altère; et, comme.il n'y a point ici d autre volonté de corps qui, résistant à celle .du prince, fasse équilibre avec elle, il doit arriver tôt ou tard que le prince opprime enfin le souverain et rompe le traité social. C'est là le vice inhérent et inévitable qui, dès la naissance du corps politique , tend sans relâche à le détruire , de même que là vieillesse et la mort détruisent enfin le corps de l'homme.

Il y a deux voies générales par lesquelles un gouvernement dégénère : savoir, quand il se resserre, ou quand l'état se dissout.

Le gouvernement se resserre quand il passe du grand nombre au petit, c'est-à-dire de la démocratie à l'aristocratie, et de l'aristocratie à la royauté. C'est là son inclinaison naturelle <. S'il rétrogradoit du petit

' La formation lente et le^4fwo^rès de la* république de Venise dans-seslà^nes offre un ezeoi^le-^otable de cette succession; et il est bien étonnant que, depuis-pins de douze cents ans , les Vénitiens semblent n'en être encore qû*au second terme, lequel commença au Serrât di consigiioy en 1198. Quant aux anciens ducs quon leur reproche, quoi qu'en puisse dire le Squittinio délia

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