‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 84 sur 200 · LIVRE lîl, CHAPITRÉ i. I^f · texte numérisé non relu

LIVRE lîl, CHAPITRÉ i. I^f

tiotâbtie au grand, dû potttroit dire ^û'il se nelà^be : jûâis ce progrès itiV€*8fe est impossible.

En effet , jeûnais le gbavërnéineât ne ehange 4#

/îbereà veneta *, il 0st prouva quils n'ont poiiit été ievurs 8oayei^in(.

On ne manquera pas de m*objecter la répviblique romaine, qui suivit, dira-t-on, i^n progrès tout contraire, passant de la monarchie à l'aristocratie, «t de Variatocratie à la démocratie. Je saisbiiîn tildigné à*ea penser ainsi.

Le premier établissement de Romulus fut «w gouviaBneineiit inixte , qui d^énéra promptement en despotisme. Par des causea^ particulières , l'état périt avant le temps , comme on voit mourir un nouveau-né avant d'avoir atteint l'âge d'homme. L^ expulsion des Tarquiàs fut la vérkable époqtHS de ki naissafact de la répQ* blique. Mais diie ne prit pas d'abord une fonne ccMistante, parée» qu'où' ne fit que l^ moitié dç l'ouvrage en n abolissant pas le patri'ciat. Car, de cette manière, l'aristocratie héréditaire, qui est la pire des administrations légitimes, restant en conflit avec la démo' craf&e, la forine du gouvememeat toujours tnoArfaiiie et flottante IM £nt fix^e, comnM l'a proové Machiavel , qu'à i'étsdblisseneitt des tribuns ; alors seulement il y eut un vrai gouvernement et une véritable démocratie. En effet, le peuple alors n'étoitpas seulement souverain, mais aussi magistrat et juge; le sénat n'étoit qu'un tribtfnal en sous-ordre, pour tempéi^er et cofi<5entirt&* te gouvertièment; et les consob ei^mémcs^bi^ qne f atrûneBa^ isien tfuepi'e' miers magistrats, bien que généraux absolus à la guerre, n'éteieat à Rome que les présidents du peuple.

Pès lors on vit aussi le gouvernement prendre sa^pente naturelle et tendre fortement à l'aristocratie. Le patriciat s'abolissant comme de hii-méme ^ l'aristocratie n'étoit plus dans le corps des patriciens^ comme elle est à Yenisç et à Gênes, mais dans le corps du sénat,

* C'est le titre d'an ouvrage anonyme publié ^èà 'iSïn, et qt<i fit k V^hitè bêMfcmtp de brait dans MU temps. Le but de eet eta^wageétènt^ en étukli»iant le droit des empereurs sur Venise, de prouver que l'iadépeadanoe de celte république n'étoit qu'une chimère , et que sa prétention à l'empire dt la mer n'étoit pas mieux fondée. — • •S^u/Ctmib ou squitlùio si(p:iifie proprement assemblée pour élire au scrutin , et se prend souvent pour exprimer 1« scrutin même. Ici il signifie examen, discussion.

aOO DU GONTBAT SOCIAL,

forme que quand sou ressort usé le laisse trop aSbibli pour pouvoir conserver la sienne. Or, s'il se relâ* choit enc(M*e en s'étendant, sa force deviendroit toutà-fait nulle , et il subsisteroit enicore moins. Il faut donc remonter et serrer le ressort à mesure qu'il cède : autrement Fétat qu'il soutient tomberoit en ruine. • ,

Le cas de la dissolution de 1 état peut arriver de deux manières.

Premièrement, quand le prince n^administre plus Tétat selon les lois , et qu'il usurpe le pouvoir souverain. Alors il se fait un changement remarquable; ç est que , non pas le gouvernement , mais l'état se restserre : je veux dire que le grand état se dissoilt, et qu'il s'en forme un autre dans celui-là, composé seulement desjoiembres du gouvernement, et qui n'est plus rien au reste du peuple que son maître jet son tyran. De sorte qu'à l'instant que le gôiivérnement usurpe la souveraineté, le pacte social est rompu; et tous les simples citoyens , rentrés de droit dans leur liberté naturelle, sont fbi*cés, mars non pas oUigés d'obéir.

eomposë de patriciens et de plébéiens, même dans le corps des tribuns quand ils commencèrent d^nsurper une puissance active : car les mots ne font rien aux eboses ; et quand le peuple a des cbefs qui gouvernent pour lui, quelque nom que portent ces cbefs, c'est toujours une aristocratie.

De Fabas de Taristocratie naquirent les guerres civiles et le triumvirat. Sylla, Jules Gë»ar, Auguste, devinrent dans le fait de véritables monarques; et enfin, sous le despotisme de Tibère, Tétat fut dissous. L'histoire romaine ne dément donc pas mon principe ; elle le confirme.

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