‹ Extrait du Projet de Paix PerpetuelleChapitre 87 sur 200 · LIVRE III, CHAPITRE XI. 2o · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XI. 2o

qu^il puisse avoir. Le mieux constitué finira, mais plus tard qu'un autre , si nul accident impréyu n'amène sa perte avaint le temps.

Le principe de la vie politique est dans Tautorité souveraine. La puissance législative est le cœur de Fétat, la puissance executive en est le cerveau, qui donne lé mouvement à toutes les parties. Le cerveau peut tbmber en paralysie et llndividu vivre encore. Un homme reste imbécile et vit : mais sitôt que le cœur a cessé ses fonctions , Tanimal est mort.

Ce n'est point par les lois que l'état subsiste, c'est par le pouvoir législatif. La loi 4'bier n'oblige pas aujourd'hui : nCiais le consentement tacite est présumé du silence , et le souverain est censé confirmer incessamment les lois qu'il n'abroge pas, pouvant le faire. Tout ce qu'il n déclaré vouloir une fois, il le veut toujours , i moins qu'il ne le révoque.

Pourquoi donc porte-t-on tant de respect aux anciennes lois ? C'est pour cela même. On doit croire qu'il n'y a que l'excellence des volontés antiques qui lès ait pu conserver si long-temps : si le souversdn ne les eût reconnues constamment salutaires , il les eût mille fois révoquées. Voilà pourquoi , loin de s'afFoiblir , les lois acquièrent sans cesse uùe force nouvelle dans tout état bien constitué; le préjugé de l'antiquité les rend chaque jour plus vénérables : au lieu que partout où les lois s'affoiblissent en vieillissant, cela prouve qu'il n'y a plus de pouvoir législatif, et que l'état ne vit plus.

ao4 DO- CONTRAT SOCIAL.

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