‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 147 sur 324 · DEVOIRS DE L*ÉTAT ENVERS LES PAUVRES · texte numérisé non relu

DEVOIRS DE L*ÉTAT ENVERS LES PAUVRES

Quelques aumônes que Ton fait à un homme nu dans les rues ne remplissent point les obligations de l'État, qui doit à tous les citoyens une subsistance assurée, la nourriture, un vêtement convenable, et un genre de vie qui ne soit point contraire à la santés

(Livre XXllI, chap. xxix, fragm.)

DE l'esprit du législateur

Je le dis, et il me semble que je n'ai fait cet ouvrage que pour le prouver. L'esprit de modération doit être celui du législateur^; le bien poHtique comme le bien moral se trouve toujours entre deux limites.

(Livre XXIX, ch. i, fragm.)

1. Ce passage est très remarriuablc en ce qu'il montre quelle étendue infinie Montesquieu assignait aux devoirs de l'Etat. Il s'inspirait évidemment en cela des tnéoriciens antiques qui, partant tous d'une idée morale, voulaient exclure de leur république idéale l'excès de la ricnesse et celui de la misère, et s'en reuiettaientà l'Etal du soin de relrénor

/'une et de supprimer I autre. \ quveu, et. \voi%«i£A.

Comme l'atavEtait tous les droits, il avait tous les dévoilas. Mais, en se rattachant directement à Arîslote, à Pythagore ou à Platon, Montesquieu est ici le précurseur des socialistes contemporains :

Louis Blanc dira, comme lui, que l'Etat est le tuteur naturel de l'ignorant, du faible, du misérable (cf. Michel, Vidée de l'Etat, p. 257).

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