‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 15 sur 324 · C'est hion on 1727 (ml728que · texte numérisé non relu

C'est hion on 1727 (ml728que

Montesquieu eut l'iilée de son

Esprit (It's Aoi.s; cf. ici, pa^c i7.

â. Kn 1726. Montesquieu a dit, de

ses fondions judiciaires (pensée

i/ot47cJwo) : « Quant à mon laclicr

de pj'éaideatf j'ai Jo cœur très

droil:. je comprenais assez les questions eu elles-mêmes; mais quant à la lirocédure, je n'y entendais rien. Je m'y suis pourtant appliqué ; mais ce ([ui m'en dégoûtait le [)ius, c'est que je \o\a\"à ^ Ol«s>ù^\»& e même lalenl quv m<i î\x>i«:\\. %

n alla d*abord à Vienne*, où il vit souvent le célèbre prince Eugène '. Ce héros si funeste à la France (à laquelle il aurait pu être si utile), après avoir balancé la lortune de Louis XIV et humilié la fierté ottomane, vivait sans faste durant la paix, aimant et cultivant les lettres dans une coui* où elles sont peu en honneur', et donnant à ses maîtres l'exemple de les protéger. M. de Montesquieu crut entrevoir, dans ses discours, quelques restes d'intérêt pour son ancienne patrie. Le prince Eugène en laissait voir surtout, autant que le peut faire un ennemi, sur les suites funestes de cette division intestine qui trouble depuis si longtemps l'Église de France : l'homme d'État en prévoyait la durée et les effets, et les prédit au philosophe*.

M. de Montesquieu partit de Vienne* pour voir la

1. Montesquieu partit de Paris le 5 avril 1728, en compagnie de lord Waldegrave, amnassadeur d'Angleterre à Vienne. On possède les notes écrites ou dictées par Montesquieu sur ses voyages.

Elles viennent d'ôtre publiées par les soins de M. Albert de Montesauieu(2vol.,189ietl896: Voyages ae Montesquieu). La préface est l'œuvre de M. Barckbausen, gui a ou la plus grande part à la rédaction des notes.

2. Fragment de lettre de Montesquieu à l'abbé d'Olivet pendant son séjour à Vienne (10 mai 1728) :

« Je suis assez content du séjour de Vienne : les connaissances y sont très aisées à faire, les grands seigneurs et les ministres très accessibles : la cour y est mêlée avec la ville; le nombre des étrangers y est si grand, qu'on y est en même temps étranger et citoyen; notre langue y est si universelle qu'elle y est presque la seule chez les honnêtes gens, et l'italien y est presque inutile. Je suis persuade que le français gagnera tous les jours dans \es

pays étrangers. La cominunicalioD

des peuples y est si grande qu'ils ont absolument besoin d'une langue .commune, et on choisira touiours notre français. Il serait aisé de deviner, si on interceptait cette lettre, que c'est un académicien qui parle à un académicien. »

3. Quelques Allemands ont pris, très mal à propos, ces paroles

Kour une injure. L'amour des ommes e-t un devoir dans les princes; l'amour des lettres est un goût qu'il leur est permis de ne pas avoir.] — Note de d'Alembert.

4. Les affaires du Jansénisme et de la huWeUnigenitus^qui devaient aboutir, en 1732, à l'exil du Parlement.

5. Les notes du voyage à Vienne ne renferment aucun détail sur les conversations entre Montesquieu et le prince Eugène ; on en trouve dans ses Pensées {Voyages^ 1, p. 281). Il écrit le 4 oct. 1752 à i'abbé de Guasco : a Vous allez à Vienne : je crois que j'y ai çe^dll^

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ÉLOGE DE MONTESQUIEU

Hongrie, contrée opulente et fertile, habitée par une nation fière et généreuse, le fléau de ses tyrans et Tappui de ses souverains. Gomme peu de personnes connaissent bien ce pays, il a écrit avec soin cette partie de ses voyages*.

D'Allemagne, il passa en Italie >. 11 vit à Venise le fameux Lavv', à qui il ne restait de sa grandeur passée que des projets destinés à mourir dans sa tète, et un diamant qu'il engageait pour jouer aux jeux de hasard. Un jour*, la conversation roulait sur le fameux système que Law avait inventé, époque de tant de malheurs et de fortunes, et surtout d'une dépravation remarquable dans nos mœurs. Gomme le Parlement de Paris, dépositaire immédiat des lois dans les temps de minorité ^ avait fait éprouver au ministre écossais quelque résistance dans cette occasion, M. de Montesquieu lui demanda pourquoi on n'avait pas essayé de vaincre cette résistance par un moyen presque toujours infaillible en Angleterre, par le grand mobile dos actions des hommes, en un mot, par l'argent 0. « Ce ne sont point », répondit Law, « de? génies aussi ardents et aussi généreux que mes compa triotes, mais ils sont beaucoup plus incorruptibles. » Nou ajouterons, sans aucun préjugé de vanité national qu'un corps libre pour quelques instants doit miei résister à la corruption que celui qui l'est toujours : le pi mier, en vendant sa liberté, la perd; le second ne fa pour ainsi dire, que la prêter, et l'exerce même l'engageant. Ainsi, les circonstances et la nature gouvernement font les vices et les vertus des nations

Un autre personnage non moins fameux, que M. de I

1. Il ne reste rien de cette partie de sa relation, du moins a ma connaissance.

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