Pour la eotrwpWoii te cf. p. 135, n. i, el p.^KW
tesquieu vit encore plus souvent à Venise, fut le comte de Bonneval*. Cet homme, si connu par ses aventures, qui n'étaient pas encore à leur terme', et flatté de converser avec un juge digne de l'entendre, lui faisait avec plaisir le détail singulier de sa vie, le récit des actions militaires où il s'était trouvé, le portrait des généraux et des ministres qu'il avait connus. M. de Montesquieu se rappelait souvent ces conversations, et en racontait différents traits à ses amis'.
Il alla de Venise à Rome *. Dans cette ancienne capitale du monde, qui l'est encore à certains égards, il s'appliqua surtout à examiner ce qui la distingue aujourd'hui le plus : les ouvrages de Raphaël, des Titien et des Michel- Ange*. Il n'avait point fait une élude particulière des beaux-arts; mais l'expression, dont brillent les chefsd'œuvre en ce genre, saisit infailliblement tout homme de génie. Accoutumé à étudier la nature, il la reconnaît quand elle est imitée, comme un portrait ressemblant frappe tous ceux à qui l'original est familier. Malheur aux productions de l'art dont toute la beauté n'est que pour les artistes!
Après avoir parcouru l'Italie, M. de Montesquieu vint en Suisse®. Il examina soigneusement les vastes pays ar-
1 . Le comte de Bonne val (1675- 1745), Limousin d'origine, après avoir servi la France et Louis XIV, passa en 1706 au service de l'Autriche, et y devint général et même, « par la force de son esprit, maitre despotique » Qfontesquieu, Voyages^ 1, p. 28). Exilé en 1724, il se réfugia à Venise.
Montesquieu a relaté dans ses notes la plupart des conversations qu'il eut avec lui : « Nous ne nous sommes presque pas quittés ».
il p. 77.)