‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 182 sur 324 · Ibidem.] — Cf. Considérations, p. 4-G · texte numérisé non relu

Ibidem.] — Cf. Considérations, p. 4-G

2. Tout cola rsl artilicM'I. Tarquin t'iit un tvran à la manière de c<Mix (It'S villes grecques (j la tyranBi(> estlej^ouverneuient d'un seul, réfjnant eu maître sur TassociatioB )ioliti(]U(> » , Aristote, Politique, M, vi, 1;. Sur son gouvorneu)ent , cf. la Cité anlique, p. i'.U. Les deux règnes de S<»rvius Tullius et de Tarquin sont,nialgn> leur apparente opposition, deux «'^pisodi's d'une même histoire, la lutte <>ntre le natrieiat hénUlitairt»

ft h l'oynuir devenue tyrannique.

.7. (!/'.' Infrodiiction aux (lonsi-

4. Montesquieu traite trop légèrement cette question. Il y a autre chose que jalousie et éguîsme. Il y a la lutte (gént^ralo dans les villes anl icônes) entre la nohlesse hért'ditaire des |»alriciens et la plèhe, venue des |»ays conquis ou reste d'une |>opulation primitive. « La plêlxi est hors de la religion, hors de la lui, hors de la société, hors de la faïuille. Elle ne peut aspirer aux magistratures, non pas seulement i»arcc qu'elle ne peut commander, mais |»arre (|u'un uléhéien, étranger à la reli> gion (le la cité, ne |M>ut prendre \es av\s\V\etts. » VV \\'4 a \»as seukt'

LE PEUPLE ROMAIN

Une monarchie élective, comme était Rome, suppose nécessairement un corps aristocratique puissant qui la soutienne : sans quoi elle se change d'abord en tyrannie * ou en Ëlat populaire. Mais un État populaire n'a pas besoin de cette distinction de familles pour se maintenir*. C'est ce qui fit que les patriciens, qui étaient des parties nécessaires de la constitution du temps des rois, en devinrent une partie superflue du temps des consuls : le peuple' put les abaisser sans se détruire lui-même, et changer la constitution sans la corrompre^.

Quand Servius Tullius eut avili les patriciens, Rome dut tomber des mains des rois dans celles du peuple*^. Mais le peuple, en abaissant les patriciens, ne dut point craindre de retomber dans celles des rois.

Un État peut changer de deux manières, ou parce que la constitution se corrige, ou parce qu'elle se corrompt. S'il a conservé ses principes «, et que la constitution change, c'est qu'elle se corrige; s'il a perdu ses principes, quand la constitution vient à changer, c'est qu'elle se corrompt.

Rome, après l'expulsion des rois, devait être une démocratie '. Le peuple avait déjà la puissance législative : c'était son suffrage unanime qui avait chassé les rois; cl s'il ne persistait pas dans cette volonté, les Tarquins

mais antagonisme religieux JuUe de classes et |)eut-èlre même de i-aces. Voyez toute la Cité antique, i. La tvrannie est la forme despotique de la monarchie antique.

2. Biais rien n'em|)ècliait Rome de demeurer une aristocratie. Montesquieu tend trop, ici comme ailleurs, à transHtriiior l'histoire en théorie nécessaire. Il abuse toujours, dans son livre, de la méthode déductive.

Page 1