DE LA PUISSANCE EXECUTRICE DANS LA MÊME RÉPUBLIQUE
Si le peuple fut jaloux de sa puissance législative, il le fut moins de sa puissance exécutrice. Il la laissa presque toute entière au sénat et aux consuls, et il ne se réserva guère que le droit d'élire les magistrats, et de confirmer les actes du sénat et des généraux.
Rome, dont la passion était de commander, dont l'ambition était de tout soumettre, qui avait toujours usurpé, qui usurpait encore, avait continuellement de grandes affaires ; ses ennemis conjuraient contre elle, ou elle conjurait contre ses ennemis.
Obligée de se conduire d'un côté avec un courage héroïque, et de l'autre avec une sagesse consommée, l'état des choses demandait que le sénat eût la direction des affaires. Le peuple disputait au sénat toutes les branches de la puissance législative, parce qu'il était jaloux de sa liberté; il ne lui disputait point les branches de la
1 . Censure de Tiberius Sempronius Gracchus en 163 av. J.-C. (Cicéron, de Oratore,, I, ix, 38.) Enfermés dans les quatre tribus ur- Itaines (outre ces i, il y avait 31 tribus rustiques), les affranchis ne pouvaient exercer aucune influence décisive sur les votes, chaciue tribu ne comptant que pour un suffrage.