Liv. V, cbap. xix. Voyez aussi les liv. II, m, IV et V.j
i. Voici, en réalité, auelle était l'origine du pouvoir du gouverneur. Il exerçait en province, au nom du peuple romain, tous les droits royaux qui avaient été au> trefois ceux aes consuls {judiciaire, civil, militaire), avant que
le consulat n'eût été démembré ; il représentait en même temps l'autorité souveraine que le droit de conquête avait donnée au peu-
Ele romain sur le pays vaincu, 'absolutisme du gouverneur de province dérive de ces deux principes : le droit de conquête et l'omnipotence primitive du magistrat populaire. Cr. la formule du Digeste (1, xviii, Vl\ \ t«.^ ^\^v provinciae prneesl, oinnxxvw, wvmne maqistratuum vVce eV. v>\\vc\o fuHfji del>«l.
citoyen romain, de ne pouvoir être jugé que par le peuple. Sans cela, il aurait été soumis dans les provinces au pouvoir arbitraire d'un proconsul ou d'un propréteur. La Ville ne sentait point la tyrannie, qui ne s'exerçait que sur les nations assujetties.
Ainsi, dans le monde romain, comme à Lacédémone, ceux qui étaient libres étaient extrêmement libres, et ceux qui étaient esclaves étaient extrêmement esclaves*.
Pendant que les citoyens payaient des tributs, ils étaient levés avec une équité très grande. On suivait rétablissement de Servius Tullius, qui avait distribué tous les citoyens en six classes, selon Tordre de leurs ricliesses, et fixé la part de l'impôt à proportion de celle que chacun avait dans le gouvernement*. Il arrivait de là qu'on souffrait la grandeur du tribut, à cause de la grandeur du crédit; et que l'on se consolait de la petitesse du crédit par la petitesse du tribut.
Il y avait encore une chose admirable : c'est que la division de Servius Tullius par classes étant pour ainsi dire le principe fondamental de la constitution, il arrivait que l'équité, dans la levée des tributs, tenait au principe fondamental du gouvernement, et ne pouvait être ôtée qu'avec lui.
Mais pendant que la ville payait les tributs sans peine, ou n'en payait point du tout 3, les provinces étaient désolées par les chevaliers, qui étaient les traitants de la république. Nous avons parlé de leurs vexations, et toute l'histoire en est pleine*.
(( Toute l'Asie m'attend comme son libérateur », disait Mithridate*, « tant ont excité de haine contre les Romains
1. En principe, car en fait et surtoulsousTEiupiro, la condition de la province fut fort tolërable.
Il se passa môme alors l'inverse de ce qu'on avail vu sous laRépubliçtte: le despotisme fut au centre,