‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 22 sur 324 · Cf. ici, p · texte numérisé non relu

Cf. ici, p

2. Hobbes fit préci^der son traité fie Cive de considéralions sur l'homme à i'élat de nature. Cf. ici, p. 52 et S3.

3. Locke (cf. p. 199) on los n/'- 1 IKîiiiril des LoU, vxuvi wo\\^ <t.\\v poliiiionsde Ycrtot, et, dune ma- | primons.

22 ÉLOGE DE MONTESQUIEU

dans une matière philosophique et dans un ouvrage de vingt années. Il faut distinguer le désordre réel de celui qui n'est qu'apparent*. Le désordre est réel, quand l'analogie et la suite des idées n'est point observée; quand les conclusions sont érigées en principes ou les précèdent ; quand le lecteur, après des détours sans nombre, se retrouve au point d'où il est parti. Le désordre n'est qu'apparent, quand l'auteur, mettant à leur véritable place les idées dont il fait usage, laisse à suppléer aux lecteurs les idées intermédiaires. Et c'est ainsi que M. de Montesquieu a cru pouvoir et devoir en user dans un livre destiné à des hommes qui pensent*, dont le génie doit suppléer à des omissions volontaires et raisonnées.

L'ordre, qui se fait apercevoir dans les grandes parties de VEsprit des Lois, ne règne pas moins dans les détails : nous croyons que, plus on approfondira l'ouvrage, plus on en sera convaincu. Fidèle à ses divisions générales, l'auteur rapporte à chacune les objets qui lui appartiennent exclusivement; et à l'égard de ceux qui, par différentes branches, appartiennent à plusieurs divisions à la fois, il a placé sous chaque division la branche qui lui appartient en propre. Par là on aperçoit aisément, et sans confusion, l'influence que les diflërenles parties du sujet ont les unes sur les autres, comme, dans un arbre ou système bien entendu des connaissances humaines, on peut voir le rapport mutuel des sciences et des arts'. Cette comparaison d'ailleurs est d'autant plus juste, qu'il en est du plan qu'on peut se faire dans l'examen philosophique des lois, comme de l'ordre qu'on peut observer dans un arbre encyclopédique des sciences : il y restera toujours de l'arbitraire, et tout ce qu'on peut exiger de l'auteur, c'est

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