Annuelle
2. Le prologue de la Loi salique lui donne le titre de proconsul. 11 est impossible de savoir le litre exact que les empereurs romains ont conféré à Clovis.
« Ces choses étaient restées values pour ces générations d'hommes et le sont encore pour nous. »
Aucun de ces titres, proconsul, consul, patrice,n'était autre chose qu'une simple appellation honorilique. Cf. Tustcl de Coulanges, Nouvelies recherches^ p. 222.
3. Montesquieu raisonne, et il n grand tort de le faire, comme si le proconsulat était demeuré an VI» siècle ce qu'il était sous la république romaine, la prorogation du consulat.
4. 11 est certain qu'à partir do 559, les Francs ne tinrent pins compte des droits de l'Empire; cf.
Fustcl de Cou langes, p. 511.
5. Ici Montesquieu se trompe. Il n'y avait pas dcvv^LVAw^^\\«i.%^\^^■!^^^ un se\xV YiVcvtvvvG ^vs\%<i ^^ ç^^vf?^
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sur des droits. La monarchie des Francs était déjà fondée; le règlement de leur établissement était fait: les droits réciproques des personnes et des diverses nations qui vivaient dans la monarchie étaient convenus; les lois de chaque nation étaient données, et même rédigées par écrit. Que faisait cette cession étrangère à un établissement déjà formé?
Que veut dire M. l'abbé Dubos avec les déclamations de tous ces évêques qui, dans le désordre, la confusion, la chute totale de l'État, les ravages de la conquête, cherchent à flatter le vainqueur? Que suppose la flatterie, que la faiblesse de celui qui est obligé de flatter? Que prouvent la rhétorique et la poésie, que Tenriploi même de ces arts? Qui ne serait étonné de voir Grégoire de Tours, qui, après avoir parlé des assassinats de Clovis, dit que cependant Dieu prosternait tous les jours ses ennemis, parce qu'il marchait dans ses voies? Qui peut douter que le clergé n'ait été bien aise de la conversion de Clovis, et qu'il n'en ait même tiré de grands avantages? Mais qui peut douter en même temps que les peuples n'aient essuyé tous les malheurs de la conquête, et que le gouvernement romain n'ait cédé au gouvernement germanique*? Les Francs n'ont point voulu, et n'ont pas même pu tout changer; et même peu de vainqueurs ont eu cette manie. Mais, pour que toutes les
paru en 476, l'empereur d'Orient redevenait le mailre de fait et de droit du monde romain. Pour le reste, Montesquieu a raison : il n'y a eu dans toutes ces a (Va ires qu'une question de droit. P^ncore le débat avait-il son importance, surtout aux yeux de Dubos, qui a voulu montrer l'absence de tout droit de conquête.
1. C'est à ce propos que se marque l'importance de la thèse de iHibos. S'il n'y a pas eu droit de
gouvernement romain.Et ici Dubos a raison. « Ces gén<^rations ne se sont ]>as fait des événements dont elles étaient témoins l'idée qu'on s'en est faite depuis. Elles n'y pnt pas vu une conquête. Elles en ont sans doute beaucoup souffert et beaucoup pémi ; elles ont été victimes de l)eaucoup de désordres, de convoitises, de violences; mais elles ne se regardèrent jamais comme une race vaincue sous la main et sous Je joug cTune race
conquête, il ny a pas eu violences \ \\çVovW.v\so .» ?\xs,\.^Vdft Coulmof(es, systématiques^ et suppression du\ riiu'usion^V*^"^^*^-
conséquences de M. Dubos fussent vraies, il aurait fallu que, non seulement ils n'eussent rien changé chez les Romains, mais encore qu'ils se fussent changés euxmêmes*.
Je m'engagerais bien, en suivant la méthode de M. l'abbé Dubos, à prouver de même que les Grecs ne conquirent pas la Perse* : d'abord je parlerais des traités que quelquesunes de leurs villes firent avec les Perses; je parlerais des Grecs qui furent à la solde des Perses, comme les Francs furent à la solde des Romains. Que si Alexandre entra dans le pays des Perses, assiégea, prit et détruisit la ville de Tyr, c'était une affaire particulière, comme celle de Syagrius. Mais voyez comment le pontife des Juifs vient au-devant de lui; écoutez l'oracle de Jupiter Ammon; ressouvenez-vous comment il avait été prédit à Gordium ; voyez comment toutes les villes courent, pour ainsi dire, au-devant de lui; comment les satrapes et les grands arrivent en foule. 11 s'habille à la manière des Perses : c'est la robe consulaire de Clovis. Darius ne lui oiïrit-il pas la moitié de son royaume? Darius n'est-il pas assassiné comme un tyran? La mère et la femme de Darius ne pleurent-elles pas la mort d'Alexandre? Quinte-Curce, Arrien, Plutarque, étaient-ils contemporains d'Alexandre? L'imprimerie ne nous a-t-elle pas donné des lumières qui manquaient à ces auteurs'?
1 . Si les Francs n'ont pas changé les règles et la hiérarchie du gouvernement romain, ils ont en tout cas apporté, en le pratiquant, des habitudes de brutalité et d'ignorance qui en ont dénaturé le mécanisme.
2. Mais est-ce que Montesquieu lui-même (p. 156) n'a pas cherché à montrer qu'Alexandre n'avait pas fait une conquête brutale, systématique, avec toutes les conséquences du droit du vainqueur. « à la Tartare », et n'a-t-il pas eu raison de le faire?
3. Voyez le discours préliminaire de M. labbé Dubos.] — C'est traiter trop cavalièrement un livre sérieux et sincère. Dubos, I,p. 38 :
« Je soutiens donc qu'il a été, moralement parlant, impossible qu'aucun des écrivains qui ont travaillé avant l'invention de l'imprimerie, sur l'histoire de France, ait eu entre les mains tous les monuments littéraires qui sont entre les nôtres. • Dubos a raison: nous devous \w.\^>\i^ ^aStàv^ VhisVoiro àe. v:\<aNV5» q^<^ ^'c^^^V*^
Ï/ESPRÏT DES LOIS.
Voilà rhistoire de V Établissement de la monarchie française dans les Gaules^. (Livre XXX, chap. xxui et xxiv.)