‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 251 sur 324 · LOUIS XIV · texte numérisé non relu

LOUIS XIV

Les ennemis d'un grand prince qui a si longtemps régné l'ont mille fois accusé, plutôt, je crois, sur leurs craintes que sur leurs raisons, d'avoir formé et conduit le projet de la monarchie universelle. S'il y avait réussi, rien n'aurait été plus fatal à l'Europe, h ses anciens sujets, à lui, à sa famille. Le ciel, qui connaît les vrais avantages, l'a mieux servi par des défaites qu'il n'aurait fait par des victoires. Au lieu de le rendre le

1 . Le trtre d'empereur, au temps le Montesquieu, n'entrainait au-

un pouvoir effectif et ne valait la .)ossession d'aucun doipaine.

2. Voyez Je capitulaire de Char- /csJe Chauve do Van 877, apud

Carisiacum^ sur l'importance do Paris, de Saint-Denys et des cVvkteaux sur Vbl ViO\y^ daxvs» ç.^isV^vsv^'^

^. L'XulncYvc. '^cs».

seul roi de TEurope, il le favorisa plus en le rendant le plus puissant de tous.

(Livre IX, chap. vn, fragm.)

* l'esprit français

Sa nation, qui, dans les pays étrangers, n*est jamais touchée que de ce qu'elle a quitté ; qui, en partant de chei elle, regarde la gloire comme le souv erain bien, et, dans les pays éloignés, comme un obstacle à son retour; qui indispose par ses bonnes qualités même, parce qu'elle paraît y joindi e du mépris ; qui peut supporter les blessures, les périls et les fatigues, et non pas la perte de ses plaisirs; qui n'aime rien tant que sa gaieté, et se console de la perle d'une bataille lorsqu'elle a chanté le général, n'aurait jamais été jusqu'au bout d'une entreprise qui ne peut manquer dans un pays sans manquer dans tous les autres, ni manquer un moment sans manquer pour toujours. (Livre IX, chap. vin,

fragment faisant suite au précédent.)

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