ÉLOGE DE MONTESQUIEU PAR D'ALEMBERT
entreprise utile. Il en a donné l'exemple, avec M. de Voltaire et plusieurs autres écrivains célèbres. Peut-être les traverses que cet ouvrage a essuyées, et qui lui rappelaient les siennes propres, l'intéressaient-elles en notre faveur. Peut-être était-il sensible, sans s'en apercevoir, à la justice que nous avions osé lui rendre dans le premier volume de l'Encyclopédie*, lorsque personne n'osait encore élever sa voix pour le défendre. Il nous destinait un article sur le goût, qui a été trouvé imparfait dans ses papiers : nous le donnerons en cet état au public*, et nous le traiterons avec le même respect que l'antiquité témoigna autrefois pour les dernières paroles de Sénèque'. La mort l'a empêché d'étendre plus loin ses bienfaits à noire égard; et en joignant nos propres regrets à ceux de l'Europe entière, nous pourrions écrire sur son tombeau : Finis vitae ejus nobis luduosus, PATRÏAE tristiSf extraneis etiam ignotisque non sine cura fuit,
Tacit. in Agricol. c. XLIII.
de sciences lus à l'Académie de Bordeaux (cf. p. 5 ; édit. Laboulaye, t. Vllj ; T ses discours académiques ou officiels {ibid., t. VII); 8* deux opuscules, Réflexion sur la Monarchie universelle en Europe^ et de la Considération et de laRéputationA^whWé^ en 1891 par les soins de MJI. de Montesquieu; 9* douze autres opuscules d'histoire, de morale ou de fantaisie publiés par les soins des mômes, avec la collaboration deMM.Barckhausen, Céleste et Dezeiuieris(1892, Mélanges inédits de Montesquieu, cf. ici, p. 317); 10* cfuelques poésies légères; 11* le journal de ses voyages(une parlie,faite sur un manuscrit aujourd'hui non retrouvé, a paru en 1818 sous le titre de A'otes sur l'Angleterre; le ms. des
voyages sur le continent est en cours d'impression; t. !•', 189i, t. II, 18%; cf. page 13); 12- les Pensées (des extraits ont paru déjà, cf. ici, p. 329) ; 13* la Correspondance (cf. ici, D. 337); 14* notes, corrections, et dossiers relatifs aux Lettres Persanes, aux Considérations et à VEsprit des Lois.
1. Encyclopédie, 1. 1 : d'Alembert, Discours, p. XXXII : « Un écrivain judicieux, aussi bon citoyen que grand philosophe, nous a donné, sur les principes des lois, un ouvrage décrié par quelques Français et estimé de toute l'Europe. »