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(( des richesses qui vous étonneront vous-mêmes. » Aussitôt il ouvrit une grande partie des outres qu'il avait apportées, et il distribua de sa marchandise à qui en voulut*.
({ Le lendemain il revint dans les mêmes carrefours, et il s'écria : a Peuples de Bétique, voulez- vous être riches? (( imaginez-vous que je le suis beaucoup, et que vous (( Tètes beaucoup aussi ; mettez-vous tous les matins dans « l'esprit que votre fortune a doublé pendant la nuit; (( levez-vous ensuite; et si vous avez des créanciers, (( allez les payer de ce que vous aurez imaginé, et ditesce leur d'imaginer à leur tour*. »
(( 11 reparut quelques jours après, et il parla ainsi : « Peuples de Bétique, je vois bien que votre imagination (( n'est pas si vive que les premiers jours : laissez-vous ({ conduire à la mienne; je mettrai tous les matins devant ({ vos yeux un écriteau qui sera pour vous la source (' des richesses : vous n'y verrez que quatre paroles', (( mais elles seront bien significatives, car elles régleront (( la dot de vos femmes, la légitime de vos enfants, le (( nombre de vos domestiques. Et quant à vous, » dit-il à ceux de la troupe qui étaient le plus près de lui : (( quant à vous, mes chers enfants (je puis vous appeler « de ce nom, car vous avez reçu de moi une seconde (( naissance), mon écriteau décidera de la magnificence (( de vos équipages, de la somptuosité de vos festins, du (( nombre et de la pension de vos maîtresses*. »
({ A quelques jours de là il arriva dans le carrefour, tout essoufflé; et transporté de colère, il s'écria : (( Peuples de Bétique, je vous avais conseillé d'imaginer, ({ et je vois que vous ne le faites pas : eh bien ! à présent je
1 . Création de la Banque ; première émission des billets de banque (1716).
S. 1717 : Mesures pour favo-
des billets et des actions de la Compagnie.
4. Les millionnaires (comnv on les appelait) qui environnaiei
/7'5er 7a c/rcuJation de cesbi\\els.\v.a\N, \vt\tvç:\v^\«. îk<iV\Q\xaaires de 3. LE COURS DES ACTlOîiS ; colc \ \a CoYVi^vx^ivvwi.
LA POLITIQUE. 2M
vous l'ordonne *. » Là-dessus, il les quitta brusquement; mais la réflexion le rappela sur ses pas. (( J'apprends que « quelques-uns de vous sont assez détestables pour con- « server leur or et leur argent. Encore passe pour Tar- « gent ; mais pour de l'or... pour de ror....^Ah! cela me (( met dans une indignation!... Je jure par mes outres (( sacrées que, s'ils ne viennent me l'apporter, je les « punirai sévèrement*. » Puis il ajouta, d'un air tout à fait persuasif : a Croyez-vous que ce soit pour garder (( ces misérables métaux que je vous les demande'? Une ({ marque de ma candeur, c'est que, lorsque vous me les « apportâtes il y a quelques jours, je vous en rendis sur- (( le-champ la moitié*. »
(( Le lendemain, on l'aperçut de loin, et on If vit s'insinuer avec une voix douce et flatteuse : « Peuples de ({ Bé tique, j'apprends que vous avez une partie de vos (( trésors dans les pays étrangers : je vous prie, faitesce les-moi venir, vous me ferez plaisir, et je vous ^ (( aurai une reconnaissance étemelle*^. »
(( Le fils d'Ëole parlait à des gens qui n'avaient pas grande envie de rire; ils ne purent pourtant s'en empêcher : ce qui fit qu'il s'en retourna bien confus. Mais