‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 319 sur 324 · Eu \lî>S · texte numérisé non relu

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comme vous devez y être en même temps, je vous porterai la réponse du négociant* à Tabbé de La Porte, qui m*a critiqué sans m'entendre. Ce n'est pas un négociant soidisant, comme vous croyez ; c'en est un bien réel, et un jeune homme de notre ville, qui est l'auteur de cet écrit

Je vous dirai, mon cher abbé, que j'ai reçu des com- j missions considérables d'Angleterre pour du vin de celle année*, et j'espère que notre province se relèvera un peu de ses malheurs'.... (Lettres familières.)

Supplique en faveur de Piron*.

jl la habquise de poscpadour

Juin 1753.

Madame,

Comme vous êtes à Crécy, où il ne m'est pas permis d'aller, j'ai l'honneur de vous écrire ce qui se passa hier à l'Académie.

J'y rendis compte des ordres du roi ; et comme M. de

1. Rioteau, négociant bordelais, plus tard directeur de la Compagnie des Indes. L'abbé de La Porte écrivit, en 1751, des Observations sur l'Esprit des Lois. Rioteau écrivit, la même année, une Réponse aux Observations, dans lac^uelle il défendit l'Esprit des Lots, de manière à émerveiller Montesquieu lui-même.

2, Le succès de l'Esprit des Lois permit à Montesquieu de mieux vendre ses vins. Lettre du 4 octobre 1752 à Guasco :

« J'ai reçu d'Angleterre la réponse pour le Vin que vous m'avez fait envoyer à milord Eliban; il a été trouvé extrêmement bon. On me demande une commission pour quinze tonneaux : ce qui fera (\v\c

y*? .serai en état de finir ma nvaxsou rustique. Le succès que mou Vv\te

a eu dans ce pays-là contribue, à ce qu'il parait, au succès de mon vin. »

3. Montesquieu, comme tous les marchands de vin, se plaignait toujours de la mévente. Lettre à Guasco, de 1742 : « Je crains bien que, si la guerre continue, je ne sois forcé d aller planter des choux à La Brède. Notre commerce de Guyenne sera bientôt aux abois : nos vins nous resteront sur les bras, et vous savei aue c'est toute notre richesse. »

Ln 1727, Montesquieu écrivit un Mémoire pour défendre le commerce des vins de Guienne, rae nacé par un arrêt du Conseil du roi (Mélanges inédits).

4. Montesquieu était directeur ôift V Kç-^^^Tft\fe Vî^s.w'^^xse en juin

Buffon avait prié ses amis de ne le point nommer dans ces circonstances, la plupart des académiciens n*ayant plus aucun sujet, se trouvèrent fort embarrassés, et demandèrent qu'on différât l'élection jusqu'à samedi en huit.

Madame, Piron est assez puni pour les mauvais vers qu'on dit qu'il a faits ; d'un autre côté, il en a fait de très bons. Il est aveugle, infirme, pauvre, marié, vieux. Le roi ne lui accorderait-il pas quelque petite pension? C'est ainsi que vous employez le crédit que vos belles qualités vous donnent; et parce que vous êtes heureuse, vous voudriez qu'il n'y ait point de malheureux.

Le feu roi exclut La Fontaine d'une place à l'Académie, à cause de ses Contes; et il la lui rendit six mois après, à cause de ses Fables ; il voulut même qu'il fût reçu avant Despréaux, qui s'était présenté depuis lui*.

Agréez, je vous supplie, le profond respect....

(Vian, p. 402.)

Lettre d*invitation.

A l'abbé de guasco

De Bordeaux, le 1" août ilii

L'abbé Venuti* m*a faitpart, mon cher abbé, de l'affliction que vous a causée la mort de votre ami le prince Gantimir', et du projet que vous avez formé de faire un voyage dans nos provinces méridionales pour rétablir

à laqueHe se présentèrent Piron et Buffon. Le roi avertit l'Académie qu'il n'agréerait pas le choix de Piron, sans doute à cause de ses poésies plus que légères. C'est alors que Montesquieu intervint.

Le roi ne retira pas sa défense, mais accorda à Piron une pension

l'Académie à la séance suivante.

1. En 1684. Voyez les détails chez Régnier, édit. de La Fontaine, p. cxxvi.

2. Ami de Montesquieu, archéologue italien qui était \^<i\y\x>a.

d'une abb^L^e ew K^^itvïÀs.

de cent pistâtes. Buffon fut élu à l coxir de ¥r9jic;e.

3i2 MONTESQUIEU.

votre santé. Vous trouverez partout des amis pour remplacer celui que vous avez perdu ; mais la Russie ne remplacera pas si aisément un ambassadeur du mérite du prince Gantimir. Or je me joins à Tabbé Venu ti pour vous presser d'exécuter votre projet : l'air, les raisins, le vin des bords de la Garonne, et l'humeur des Gascons, sont d'excellents antidotes contre la mélancolie. Je me fais une fête de vous mener à ma campagne de La Brède, où vous trouverez un château, gothique à la vérité, mais orné de dehors charmants, dont j'ai pris l'idée en Angleterre^ Gomme vous avez du goût, je vous consulterai sur les choses que j'entends ajouter à ce qui est déjà fait; mais je vous consulterai surtout sur mon grand ouvrage, qui avance à pas de géant depuis que je ne suis plus dissipé par les diners et les soupers de Paris*. Mon estomac s'en trouve aussi mieux; et j'espère que la sobriété avec laquelle vous vivrez chez moi sera le meilleur spéciûque contre vos incommodités. Je vous attends donc cet automne, très empressé de vous embrasser.

(Lettres familières,)

Lettre de remerciement.

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