DES LOIS RELATIVES
Lorsque, dans la r-épubligue^ le peu|ilfî»-eft-eorps a la souveraine puissaftca,jQ'est une -d^^^n^gjic^. Lorsque la souveraine puissance est-entre les mains d'une partie du peuple, cela s'appeile ujie,-a > iWoorfl^ig . '
^epeuple, dans la démocratie, ^jj à certains égards le moSiaraue ; à certains autres, iLestle sujet*.
11 ne 'peut être monarque que par ses suffrages, qui sont sef^/ volontés. La volonté du souverain est le souve- '^Sl)? fui-mgme ^ . Les lois qui établissent le droit de suffrage sontaonc fondamentales dans ce gouvernement. En effet, il est aussi important d'y régler comment, par qui, à qui, sur quoi, les suffrages doivent être donnés, qu'il l'est dans une monarchie de savoir quel est le monarque, et de quelle manière il doit gouverner.
Libanius dit qu' « à Athènes un étranger cpii se mêlait
ces gouvernements : la if/raniiii', )Ourla royauté; VoUgarchiejpouv 'aristocratie; la démagogie, pour a république. La tyrannie est une monarchie qui n'a pour objet que l'intérêt personnel du monarque ; roligarchie n'a pour objet que l'intérêt des riches; la démagogie celui des pauvres. Aucun de ces gouvernements ne songe h l'intérêt général. » J.-J. Ilousseau {Contrat social, III, ni) accepte la division d'Aristote.
/. C'est à peu près la môme déûnition qirAristote (Politique, ^"f h iO), SI ce D'est que ce der-
nier insiste sur la question du nombre et de la majorité : « En vertu du principe démocratique, l'égalité veut que les pauvres n'aient pas plus de pouvoir que les riches, qu'ils ne soient pas seuls souverains, mais que tous le soient dans la proportion même de leur nombre. »
2. « Tous doivent commandera chacim, et chacun à tous, alternativement. » Aristote, VU, i, 8.
3. « Les décisions de la majorité doivent être la loi dernière de la iusUcô aXiSoVae. » tksSaXsA]^
LES GOUVERNEMENTS
dans l'assemblée du peuple était puni de mort «. C'est qu'un tel homme usurpait le droit de souveraineté*.
11 est essentiel flp. fi^pr Ip nmj il^ e des citoyens qui doivent former les assemblé^'Î^Sns cela on pourrait Ignorer si le peuple a parlé, ou seulement une partie du peuple. A Lacédémone, il fallait dix mille citoyens*. A * Rome, née dans la petitesse pour aller à la grandeur; à Rome, faite pour éprouver toutes les vicissitudes de la fortune; à Rome, qui avait tantôt presque tous ses citoyens hors de ses murailles, tantôt toute l'Italie et une partie de la terre dans ses murailles, on n'avait point fixé ce nombre'; et ce fut une des plus grandes causes de sa ruine*.
e peuple, qui a la souveraine puissance, doit faire par lui-même tout ce qu'il peut bien faire; et ce qu'il ne peut pas bien faire, il faut qu'il le fasse par s(
i. Déclamations, XVII etXyiïI.] — En principe, car en fait l'assemblée du peuple, à l'époque démocratique, fut ouverte à une foule d'étrangers, esclaves ou pens déchus de leurs droits. Jamais on ne trouva dans l'assemblée d'Athènes « le froment pur • des citoyens, comme disait Aristophane. Voyez Lihanius, édit. Morellus, 1606, p. 468. Et sur les assemblées du peuple, l'article Ekklesin dans le Dictionnaire des Antiquités.
2. Il y a là une erreur de Montesquieu. Le chiffre primitif de citoyens de Sparte était de 9000 (IMularque, Lycurgne, VHI), et il est rare que dans la grande assemblée de Sparte, il ait pu y avoir plus de 4500 cilovens.
S. Voyez les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chap. IX.] — Notre édition, p. 96.
Tout citoyen romaia avait droit de votCf qu'il fiH ou non né ou résident à nome.
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4. Parce qu'il suffit souvent de quelques hommes décidés pour enlever les votes.
5. On remarquera que Montesquieu, qui explique si bien le fonctionnement du système représentatif en Angleterr e (cf. p. 196).
ne parait pas avoir soupçonne qu'il pût exister dans une république démocratique. C'est que d'abord, ayant constamment à l'esprit les souvenirs de l'histoire et l'exemple tic l'antiquité grec- (|ue, il ne concevait pas de république à territoire étendu, et voyait dans la conciuêle la corruption du principe démocratique (X, vi); l'extension du droit de bourgeoisie fut, dit-il, la cause de la décadence romaine. C'est ensuite que pour lui, comme pour Rousseau, la délégation de la souveraineté populaire entre les mains de représentants était une abdication : « La souveraineté ne peut être renrésentée, parla même raison qucWewe v^wV ^Vvvi ^\^xn>^^« Le pcvvxAe «îïv^\^\^ vw\&^ ^^s^e^
l Vibre-, VV^Uomv^^^^W^^^^'^
Ses ministres ne sont point à lui s*il ne les nomme : c'est donc une maxime fondamentale de ce gouvernement, peuple nommê~ses "minis tres, c'est-à-dire ses rist râts^
)es om, comme les monar ques, et m ême plus qu'eux, d'eire conquit par un ^onseh^ ^^ sénafi^ Mais pour qu'il y ait confiance, il faut qtl*tt*^n eïïsg'ig^ mem br^*^' soit qu'il les choisisse lui-même^ comme â Ath^n^; ou par quelque magistrat qu'il a établLpour ifîS. élire, comme cela se pratiquait à Rome dans quelques^ occasions*.
L e peuple est admirable pour choisir ceux à qui jj > ^ontïer quelque partie de son autorité'^ il n'a à se déterminer que par des choses qu'il ne peut ignorer, et des faits qui tombent sous les sens. Il sait très bien qu'un homme a été souvent à la guerre, qu'il y a eu tels ou tels succès : il est donc très capable d'élire un général'. Il sait qu'un juge est assidu, que beaucoup de gens se retirent de son tribunal contents de lui, qu'on ne l'a pas convaincu de corruption : en voilà assez pour qu'il élise un préteur*. Il a été frappé de la magnificence ou des richesses d'un citoyen : cela suffit pour qu'il puisse choisir un édile s. Toutes ces choses sont des faits dont il s'instruit mieux dans la place pubHque qu'un monarque dans son palais. Mais saura-t-il conduire une affaire, connaître les lieux, les occasions, les moments, en profiter? Non, il ne le saura pas.
Si l'on pouvait douter de la capacité naturelle qu'a le peuple pour discerner le mérite, il n'y aurait qu'à jeter
que durant l'élection des membres du Parlement; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien.»
{Contrat socinly III, xv.)
1. Choix des sénateurs par les censeurs. En règle générale, les sénateurs étaient pris parmi les magistrats en charge ou sortis de ch.ii'frc, et en dernière analyse, y/s provenaient d'une éieclion populaire.
2. Aristote avait déjà dit {VoXitique, 111, VI, 7) : « La masse sent toujours les choses avec une intelligence suffisante. » Montesquieu va plus loin et trop loin. Cf. p. 197.