‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 65 sur 324 · QUE LA VEHTU N EST POINT LE PRINCIPE DU GOUVEUNEMENT MONARCHIQUE · texte numérisé non relu

QUE LA VEHTU N EST POINT LE PRINCIPE DU GOUVEUNEMENT MONARCHIQUE

Dans les monarchies, la politique fait faire les grandes choses avec le moins de vertu qu'elle peut; comme dans les plus belles machines, l'art emploie aussi peu de mouvements, de forces et de roues qu'il est possible.

L'État subsiste indépendamment de l'amour pour la patrie, du désir de la vraie gloire, du renoncement à soimême, du sacrilîce de ses plus chers intérêts, et de toutes ces vertus héroïques que nous trouvons dans les anciens, et dont nous avons seulement entendu parler*.

Les lois y tiennent la place do toutes ces vertus dont on n'a aucun besoin ; l'État vous en dispense : une action qui se fait sans bruit y est en quelque façon sans conséquence.

Quoique tous les crimes soient publics par leur nature, on distingue pourtant les crimes véritablement publics d'avec les crimes privés, ainsi appelés parce qu'ils oflensent plus un particulier que la société entière.

Or, dans les républiques, les crimes privés sont plus publics, c'est-à-dire choquent plus la constitution de l'État que les particuliers*; et, dans les monarchies, les crimes ' publics sont plus privés, c'est-à-dire choquent plus les fortunes particulières que la constitution de l'État même.

Je supplie qu'on ne s'offense pas de ce que j'ai dit : je parle après toutes les histoires. Je sais très bien qu'il n'est pas rare qu'il y ait des princes vertueux ; mais je dis que dans une monarchie il est très difficile que le peuple le soit'.

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