‹ Extraits de l'esprit des lois et des œuvres diversesChapitre 80 sur 324 · I)<^nn(^ de ft)rce et d'aotivllé · texte numérisé non relu

I)<^nn(^ de ft)rce et d'aotivllé

N'y anrait-il pas une allusion à Loviis XlVï» (S. p. î£S4 «l p. 555.

LE DESTîiTISlE. UU

ainsi dire, aux yeux: il est unîfc»noe fgirtoiil : <hmi)iih- il ne faut que des passions pour rétal»lir. tout K* im>ihit^ est bon pour cela. iLi^iv V, cfaap. ht.)

DIFFÉRENCE DE L*0RÉlSSA!(CE DA5S LES GOTTEI^EJIEXTS aODLRLS ET DANS LES GOCTER7ŒMENTS DESTOnQCES

Dans les États despotiques la nature du gouvernement demande une obéissance extrême : et la volonté du prince, une fois connue, doit avoir aussi infailliblement son effet qu'une boule jetée contre une autn» doit avoir le sien *.

Il n*y a point de tempérament, de moditîcation. d'accommodements, de termes, d'équivalents, d«» pourparlers, de remontrances, rien d'égal ou de meilleur à proposer. L'homme est une créature qui obéit à une créature qui veut.

On n'y peut pas plus représenter ses craintes sur un événement futur, qu'excuser ses mauvais succès sur le caprice de la fortune. Le partage des hommes, coiniuo des bétes, y est l'instinct, l'obéissance, le châtiment.

Il ne sert de rien d'opposer les sentiments naturels, le respect pour un père, la tendresse pour ses enfants et ses femmes, les lois de l'honneur, l'état de sa santé : on a reçu l'ordre, et c<»la suffit.

En Perse, lorsque le roi a condamné queUpTun, on ne peut plus lui en parler ni demander gi'àce. S'il était ivre ou hors de sens, il faudrait que l'arrêt s'exécutât tout de même* : sans cela il se contredirait, et la loi ne [)iMit se

1. On peat rappeler, à ce propoji. la manière dont Til>êre «a* délMirras«« de S^jan toiit-ptiissanL II lui Mifftt d'écrire une letlrvf au SiÇoat :

2. Voyez Chardin.] — (lonvri-ni'ment rien Perntnin. cliap. Il : * \a:

ffOuvern*'rn**nl <!*• IVrxr«'>l monarrhiqne. desf»oli»iiK*elalw<ilu.«'"V.\\N\.

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contredire. Cette mapière de penser y a été de tout temps : l'ordre que donna Assuérus d'exterminer les Juifs ne pouvant être révoqué*, on prit le parti de leur donner la permission de se défendre*.

Il y a pourtant une chose que l'on peut quelquefois opposer à la volonté du piMuce' : c'est la religion. On abandonnera son père, on le tuera même, si le prince l'ordonne : mais on ne boira pas du vin, s'il le veut et s'il l'ordonne. Les lois de la religion sont d'un précepte supérieur, pai^ce qu'elles sont données sur la tète du prince comme sur celles des sujets. Mais quant au droit naturel, il n'en est pas de même : le prince est supposé n'être plus un homme.

Dans les États monarchiques et modérés, la puissance est bornée par ce qui en est le ressort, je veux dire l'honneur, qui régne, comme un monarque, sur le prince

plein de )a vie et des biens de ses sujeLs. On exécute toujours exactement ce qu'il prononce, sans avoir égard ni au fond ni aux circonstances des choses, quoiqu'on voie clair connue le jour qu'il n'y a la plupart du temps nulle justice dans ses ordres, et souvent pas de sens commun. Sitôt que le prince commande, on lait sur-lechamp tout ce qu'il dit, et lors même qu'il ne sait" pas ce qu'il fait ni ce qu'il dit, comme lorsqu'il est ivre : excès dans lequel les derniers n>is de Perse tombent fort fréquemment depuis un siècle. » Chardin raconte à ce sujet ceci : « Je me souviens qu'un jour un seigneur m'étant venu voir, au sortir de chez le roi, il entra d'un air gai, prit un miroir, se mit à ajuster son turban en riant, et puis il me dit : « Toutes les fois « que je sors de devant le roi, je «f Jdle si j'ai encore la télé sur U'S m (?paiileSf et j'y legarde niC*me r dans le miroir dès que je suis revenu au logis. »

1. Cet ordre fut révoqué par un nouvel édit, rapporté fort au long <lans le livre d'Esther, et dont voici la principale disposition :

Unde vas Uttcras^ qitas sub nomine nostro aie {Aman) dire.rerat, scialis esse irritas (ch. XVI, V. 7).

2. « Il fut permis aux Juifs, non pas de se défendre, comme le dit l'auteur, mais d'exterminer leurs ennemis, comme il avait été permis à leurs ennemis de les exterminer. Le jour de cette vengeance fut lixe au 13 du mois Adar, qui était le mémo jour auquel Aman avait fixé son exécution. Celle des Juifs fut sanglante : ils mirent à mort un grand nombre de leurs ennemis avec les dix lils d'Aman ; et ce fut en mémoire de cet événement qu'ils instituèrent la fête de Piirim. » Note de Dupin, Obserrations sur un livre intitulé, etc.,

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