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si dire, aux yeux; il est uniforme partout : couinie il faut que des passions pour l'établir, tout le monde bon pour cela. (Livre Y, chap. xiv.)
'FÉRENCE DE L*0BÉISSANCE DANS LES GOUVERNEMENTS MODERES ET DANS LES GOUVERNEMENTS DESPOTIQUES
)ans les États despotiques la nature du gouvernement nande une obéissance extrême : et la volonté du nce, une fois connue, doit avoir aussi infailliblement 1 effet qu'une boule jetée contre une autre doit avoir iien *.
1 n'y a point de tempérament, de modification, d'acnmodements, de termes, d'équivalents, de pourpars, de remontrances, rien d'égal ou de meilleur à proier. L'homme est une créature qui obéit à une créae qui veut.
)n n'y peut pas plus représenter ses craintes sur un nement futur, qu'excuser ses mauvais succès sur le ►rice de la fortune. Le partage des hommes, connne ; bêtes, y est l'instinct, l'obéissance, le châtiment. I ne sert de rien d'opposer les sentiments naturels, le pect pour un père, la tendresse poiu* ses enfants et femmes, les lois de l'honneur, l'état de sa santé : on a u l'ordre, et cela suffit.
Cn Perse, lorsque le roi a condamné quelqu'un, on ne it plus lui en parler ni demander grâce. S'il était ivre hors de sens, il faudrait que l'arrêt s'exécutât tout de me* : sans cela il se contredirait, et la loi ne peut se
2. Voyez Cliardin.] — Gouvernement des Persans, cliap. II : « Le •joiiverneiiUMit do Perse est monarchique, despol iqiie etahs»iU\,v»V\w\.
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On peut rappeler, à ce pro- , la inani«'»re dont Tibère se arrasse de Séjan tout-puisl. Il lui suffit d'écrire une re au Sénat :
contredire. Cette maoiérc de penser y a été de tout temps : l'ordre que donna Assuérus d'exterminer les Juifs ne pouvant être révoqué*, on prit le parti de leur donner la permission de se défendre*.
Il y a pourtant une chose que l'on peut quelquefois opposer à la volonté du pinnce' : c'est la religion. On abandonnera son père, on le tuera même, si le prince l'ordonne : mais on ne boira pas du vin, s'il le veut et s'il l'ordonne. Les lois de la religion sont d'un précepte supérieur, paixe qu'elles sont données sur la tète du prince comme sur celles des sujets. Mais quant au droit naturel, il n'en est pas de même : le prince est supposé n'être plus un honnne.
Dans les États monarchiques et modérés, la puissance est bornée par ce qui en est le ressort, je veux dire l'honneur, qui règne, comme un monarque, sur le prince
plein de la vie et des biens do ses sujets. On exécute toujours exactement ce qu'il prononce, sans avoir égard ni au rond ni aux circonstances des choses, quoiqu'on voie clair comme le jour qu'il n'y a la plupart du temps nulle justice dans ses ordres, et souvent pas de sens commun. Sitôt que le prince commande, on fait sur-lecliamp tout ce qu'il dit, et lors môme qu'il ne sait' |)as ce qu'il fait ni ce qu'il dit, comme loi*squ'il est ivre : excès dans lequel les derniers rois de Perse tombent fort fréquemment depuis un siècle. » Chardin raconte à ce sujet ceci : « Je me souviens qu'un jour un seijrneur m'étant venu voir, au sortir de chez le roi. il entra d'un air j^ai, prit un miroir, se mit à ajuster son turban en riant, et puis il uw dit : « Toutes les fois « que je sors de devant le roi, je « tàte si j'ai encore la tête sur les * f^panles, eï fy rof^avilo même * dans Je miroir dès que je suis ' rorenu au logis. »
1. Cet ordre fut révoqué par un nouvel édit, rapporté fort au lonjf dans le livre d'Ksther, et dont voici la principale disposition :
Vnde vas litieras, quas sitb nitmine noslro ilte (.!///«//) dire.reraty scialis esse irrilns (cli. XVI, V. 7).
2. « Il fut permis aux Juifs, non pas de se défendre, comme le dit l'auteur, mais d'exterminer l(>urs ennemis, comme il avait été permis à lem*s ennemis de les exterminer. Le jour de cette vengeance fut lixe au ir> du mois Adar, qui était le même jour auquel Aman avait fixé son exécution. Celle des Juifs fut sanglante : ils mirent à mort ur grand nombre de leurs ennem avec les dix lils d'Aman ; et ce fi en mémoire de cet événemei qu'ils instituèrent la fête d Purim. * Note de Dupin, Obserations sur un livre inlitulé, e'
t. I, p. uy.