‹ Extraits de l'Historie de France de Jules MicheletChapitre 5 sur 43 · IV. L'AFFAIRE CALAS · texte numérisé non relu

IV. L'AFFAIRE CALAS

Un bon* et brave marchand d'indiennes était à Toulouse,^ établi depuis quarante ans. Calas, ce marchand, avait épousé une demoiselle accomplie, mais noble malheureusement (des Montesquieu, de Lan- 5 guedoc).^ Elle donna à ses enfants une éducation selon sa naissance. Ils furent nobles, dans une boutique.

Les protestants ne pouvaient avoir de servante protestante. Ils en eurent une excellente, mais excellem- 10 ment catholique. Cette bonne fille, qui vit naître leur second fils, Louis, Téleva, lui fut attachée, ne manqua pas de vouloir sauver sa jeune âme, le mena probablement aux belles églises de Toulouse, enivrantes d'encens et de fleurs. Le petit allait volontiers 15 chez la voisine d'en face, femme d'un perruquier catholique, et fut presque camarade deTeur~^ils, un petit abbé. Louis un matin se sauve, et la perruquière le cache. Conquête heureuse. L'archevêque est ravi, s'y intéresse. L'enfant converti, dès sept ans, d'après 20 les bonnesj^rdonnances, peut faire la guerre à ses pa- )n effet, il montre les dents. Il exige de l'argent. Le pauvre bonhomme Calas est mandé chez l'archevêque. Il finance. On lui fait payer: i° les dettes de Louis, six cents livres; puis, quatre cents JS pour apprentissage chez un catholique, et cent francs f^ annuellement. — Est-ce tout ? Non, de l'évêché, on ^ 48

Page 1