‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 100 sur 205 · Cfs remarques psychologiques sont pleines de ËnesBe · texte numérisé non relu

Cfs remarques psychologiques sont pleines de ËnesBe

3. Leibniz ne donne poini du Créateur une idée asseï haute : il lu représunle comme na romancier qui fait son romaa le moins mauvais possibie.

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ESSAIS DE THÉODIGÉE. 143

sans être mauvais ; il représente les natures comme elles sont dans les vérités éternelles ; il contient en lui la raison pour laquelle le mal est permis, mais la volonté ne va qu'au bien. Ajoutons un troisième principe, c'est la puissance ; elle précède môme Tentendement et la volonté, mais elle agit comme l'un le montre et comme l'autre le demande (1).

Il me semble que, si M. Bayle avait considéré ce que nous venons de dire des principes des choses, il aurait répondu à ses propres questions, ou au moins qu'il n'aurait pas continué à demander, comme il le fait par cette interrogation : « Si l'homme est l'ouvrage d'un seul principe a souverainement saint, souverainement puissant, peut-il « être exposé aux maladies, au froid, au chaud, à la faim, « à la soif, à la douleur, au chagrin ? peut-il avoir tant « de mauvaises inclinations ? peut-il commettre tant de « crimes ? La souveraine sainteté peut-elle produire une « créature malheureuse ? la souveraine puissance, jointe à « une bonté infinie, ne comblera-t-elle pas de biens son « ouvrage, et n'éloignera-t-elle point tout ce qui le pour- « rait offenser ou chagriner? » Prudence a représenté la même difficulté dans son Hamartigénie :

Si non vult Deus esse malunH) cur non vetat ?

inquit.

Non refert auctor fuerii factorve malorum.

Anne opéra in vitium sceleris pulcberriraa Terli, Cum possit prohibere, sinat ? quod si velit onines Innocuos agere Omnipotens, ne sancta voluntas Degeneret ; facto nec se manus inquinet ullo? Gondidil ergo malum Dominus, quod spectat ab alto. Et patitur fierique probat, tanquam ipse crearit. Ipse creaTit enim, quod si discludere possit. Non abolet, longoque sinit grassarier usu.

1. Cette explication achève de tout obscurcir. En voulant exclure les deux principes, Leibniz en njet trois, et il introduit en Dieu le mal môme, comme produit par son inteUigence.

144 ESSAIS DB THËODICËB.

Hais nous avons déjà répondu à cela suffisamment. L'homme est lui-même la source de ses maux : tel qu'il est, il était dans les idées (1|. Dieu, mû par des raisons indispensables de la sagesse, a décerné qu'il passât à l'esislence tel qu'il est. M. Bayle se serait peut-être aperçu de cette origine du mal que j'établis, s'il avait joint ici la sagesse de Dieu à sa puissance, à sa bonté et à sa sainteté. J'ajouterai, en passant, que sa sainteté n'est autre chose que le suprême degré de la bonté, comme le crime, qui lui est opposé, est ce qu'il y a de plus mauvais dans lo mal (2). M. Bayle fait combattre Mélisse, philosophe grec (3), dérenscurde l'unilé du principe, et peut-être môme de l'unité de la substance, avec Zoroastre, comme le premier auteur de la dualité, Zoroastre avoue que l'hypothèse de - Mélisse est plus conforme à l'ordre et aux raisons a priori, mais il nie qu'elle soit conforme â l'expérience et aux raisons a posferîon. I Je vous surpasse, dit-il, dans l'expli- ■ cation des phénomènes, qui est le principal caractère d'un ( bon système. » Mais, à mon sens, ce n'est pas une fort belle explication d'un phénomène, quand on lui assigne un principe exprés : au mal, un principium malef.aim ; au froid, un frimvm frigidum. il n'y a rien de si aisé ni rien desi plat (i). C'est à peu près comme si quelqu'un disait que les péripaléticiens surpassent les nouveaux malbématiciens dans l'explication des phénomènes des astres, en leur donnant des intelligences tout exprès qui les conduisent ; puisque après cela il est bien aisé de concevoir pourquui lus planètes l'ont leur chemin avec autant de justesse, au lieu qu'il faut beaucoup de géométrie et de méditation pour entendre comment de la pesanteur des planètes qui

t. Réponse insuffiScinte ; car on pourra toujours demander; Est-ce riioninie qui a fait tes idées de Dieu ?

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