‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 11 sur 205 · XIY NOTICE SUR LEIBNIZ · texte numérisé non relu

XIY NOTICE SUR LEIBNIZ

une manière dont les choses nous apparaissent ; car, dans le fond, il n'y a rien que d'actif et d'animé, rien que de vivant et, en définitive, de spirituel au sens le plus large de ce mot. La matière est donc une collection de monades, et chaque monade enveloppe en ellemême une activité qui, par son progrès, pourra parvenir à la pensée.

Il y a des forces si peu développées encore dans leurs facultés actives, qu'elles ne sont propres qu'à une existence et à un service subordonnés ; d'autres, au contraire, sont puissantes et énergiques. Celles-ci attirent dans leur cercle d'action tous les éléments inférieurs qui les approchent, et elles s'en font des instruments ou organes, parties intégrantes du tout qu'elles doivent animer : plante, animal, corps humain. L'être organisé est donc un agrégat d'individus auquel une « monade dominante » impose son unité. Dans le corps vivant, les forces secondaires s'écoulent perpétuellement « comme un fleuve » , mais la force régulatrice persiste, et exprime son unité substantielle par l'unité tout extérieure du corps qu'elle anime. De là ce mécanis me de la vie, si supérieur à toutes les machines construites par Tart humain. Le corps organisé « est machine^ non-seulement dans le tout^ mais dans la moindre de ses parties, » Chaque partie, en effet, est à son tour organisée, vivante, et constitue comme un nouvel a automate naturel ; » et ainsi de suite à l'infini. Il y a donc une infinité de créatures, d'êtres vivants, d'animaux, d'âmes dans chaque parcelle de matière. « Chacune peut être conçue, » dit Leibniz, « comme « un jardin plein de plantes et comme un étang plein « de poissons. Mais chaque rameau de la plante, (( chaque membre de l'animal, chaque goutte de ses

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