Leibniz, à vrai dire, ne répond point
182 ESSAIS DE TnÉODIGÉB.
trouvera par coQSéqucnt qu'il a obtenu le plus de bien qu'il est possible, pourvu qu'on compte les biens mélaphysiques, physiques et moraux ensemble.
Mais, dira M. Bayle, D eu pouvant détourner une infinité de maux par un petit miracle, pourquoi ne re:i)plo> ait-il pas ? 11 donne tant de secojrs extraordinaires aux hommes tombés; mais un petit secours de cette nature donné à Eve empêchait sa chute et rendait la tentation du serpent inefiicace. Nous avons assez satisfait à ces sortes d'objections par cette réponse générale, que Dieu ne devait p. int laire choix d'un autre univers, puisqu'il en a choisi le meilleur et u'a employé que les miracles qui y étaient nécessaires. On lui avait répondu que les miracles changent l'ordre naturel de l'univers : il réphque que c'est une illusion, et que le miracle des noces de Gana, par exemple, ne fit point d'autre changement dans l'air de la chambre, sinon qu'au lieu de recevoir dans ses pores quelques corpuscules d'eau, il recevait des corpuscules de vin. Mais il faut considérer que le meilleur plan des choses étant une fois choisi, rien n'y peut être changé (1).