Ce ne serait pas une suffisante consolation pour nous
2. Oui, et la justice moderne l'a compris en admettant les circonstances atténuantes.
190 ESSAIS DB THÉODlCéB.
gence^ qui enveloppe une connaissance distincte de l'objet de la délibération ; dans la spontanéité avec laquelle nous nous déterminons ; et dans la contingence, c'est-à-dire dans l'exclusion de la nécessité logique ou métaphysique. L'intelligence est comme l'âme de la liberté, et le reste en est comme le corps et la base. La substance libre se détermine par elle-même, et cela suivant le motif du bien aperçu par l'entendement qui l'incline sans la nécessité ; et toutes les conditions de la liberté sont comprises dans ce peu de mots |1).
Pour mieux entendre ce point, il faut savoir qu'une spontanéité exacte nous est commune avec toutes les substances simples, et que, dans la substance intelligente ou libre, elle devient un empire sur ses actions ; ce qui ne peut être mieux expliqué que par le système de l'harmonie préétablie que j'ai proposé il y a déjà plusieurs années. J'y iais voir que naturellement chaque substance simple a de la perception» et que son individualité consiste dans la loi perpétuelle qui fait la suite des perceptions qui lui sont affectées, et qui naissent naturellement les unes des autres, pour représenter le corps qui lui est assigné, et, par son moyen, l'univers entier, suivant le point de vue propre à cette substance simple, sans qu'elle ait besoin de recevoir aucune influence physique du corps; comme le corps aussi, de son côté, s'accommode aux volontés de l'âme par ses propres lois, et par conséquent ne lui obéit qu'autant que ces lois le portent. D'où il suit que l'âme a donc en elle-même une parfaite spontanéité (2), en sorte qu'elle ne dépend que de Dieu et d'elle-même dans ses actions.
M. Bayle combat le prétendu sentiment vif de la liberté qui la doit prouver chez les cartésiens. Ses paroles sont en effet pleines d'esprit et dignes de considération, et se trouvent dans la Réponse aux questions d'un provincial, ch. 140, tom. III, p. 761 etsuiv. Les voici :