‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 16 sur 205 · III. Cet univers, si spontané dans chacune de ses · texte numérisé non relu

III. Cet univers, si spontané dans chacune de ses

tX NOTICE SUR LEIBNIZ.

parties et si bien ordonné dans son ensemble, ne se suffit pourtant pas à lui-même. L'existence des êtres et leur harmonie réciproque sont pour Leibniz deux preuves de l'existence de Dieu, qu'il développe au début de la Théodicée,

D'abord, si chaque phénomène a sa raison dans la cause individuelle qui le produit, cette cause, à son tour, où a-t-elle sa raison ? Une série, même infinie, de choses contingentes n'est point possible et intelligible par elle-même ; elle doit avoir hors de soi sa raison d'être. Il y a donc une dernière raison des choses qui domine et produit tout.

Dieu n'est pas pour cela, selon Leibniz, un premier anneau faisant lui-même partie de la chaîne des choses ; car alors il serait fini et contingent. Quoique présent en tout par son action, qui, loin de détruire l'action propre des êtres, la suscite au contraire, il est par son essence absolue en dehors de la chaîne qui se développe dans l'espace et la durée : il la précède, non d'un intervalle de temps, mais de son immobile éternité. C'est une cause d'un tout autre ordre que les autres, et sans laquelle les autres ne pourraient exister. Aussi n'est-il point nécessaire, pour prouver l'existence de Dieu, de supposer d'abord que le monde a eu un commencement ; il est probable, au contraire, que le monde a toujours existé ; mais son existence n'en a pas moins été toujours impuissante à s'expliquer elle-même, toujours dérivée d'un être qui existe seul par soi. Eu un mot, si Leibniz accorde au monde, sous tous les rapports, l'infinité mathématique, il lui refuse l'infinité métaphysique que lui prêtait Spinoza, et qui consiste dans la perfection.

L'harmonie des êtres, comme leur existence, prouve, selon Leibniz, l'existence de Dieu. N'avons-nous pas

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