‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 160 sur 205 · ORIGINE RADICALE DES CHOSES · texte numérisé non relu

ORIGINE RADICALE DES CHOSES

min le plus facile et le plus court, de môme, étant une fois admis que l'être Temporle sur le non-être, c'est-à-dire qu'il y a une raison pour que quelque chose soit plutôt que rien, ou qu'il faut passer de la possibilité à l'acte, il s'ensuit qu'en l'absence même de toute détermination, la quantité d'existence est aussi grande que possible eu égard à la capacité du temps et du lieu (ou à l'ordre possible d'existence) absolument comme les carreaux sont disposés dans une aire donnée de manière qu'elle en contienne le plus grand nombre possible. Par là, on comprend d'une manière merveilleuse comment, dans la formation originaire des choses, peut s'appliquer une sorte d'art divin ou de mécanisme métaphysique, et comment a lieu la détermination de la plus grande quantité d'existence. C'est ainsi que, parmi tous les angles, l'angle déterminé en géométrie est le droit, et que des liquides placés dans des milieux hétérogènes prennent la forme qui a le plus de capacité ou la sphérique ; ou plutôt, c'est ainsi que, dans la mécanique ordinaire, lorsque plusieurs corps graves luttent entre eux, le mouvement qui en résulte constitue en résumé la plus grande descente. Car, de même que tous les possibles tendent d'un droit égal à exister en proportion de la gravité, et, comme d'un côté, il se produit un mouvement qui contient la plus grande descente des graves, de l'autre il se produit un monde où se trouve réalisée la plus grande partie des possibles...

Ainsi le monde n'est pas seulement la machine la plus admirable, mais, en tant qu'elle est composée d'âmes, c'est aussi la meilleure république, où il est pourvu à toute la félicité, ou à toute la joie possible qui constitue leur perfection physique. (De l'origine radicale des choses.)

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