‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 164 sur 205 · RELATIFS A L'HISTOIRE DE L'OPTIMISME · texte numérisé non relu

RELATIFS A L'HISTOIRE DE L'OPTIMISME

« Euripide a dit :

nXfico rà 'xjpnvrà râv xaxûv elvac |3/Mroc{.

Mala nostru longe judico yinci a bonis.

<i Homère et plusieurs autres poètes étaient d'un autre sentiment, et le vulgaire est du leur. Gela vient de ce que le mal excite plutôt noire attention que le bien : mais celte même raison confirme que le mal est plus rare. Il ne faut donc pas ajouter fgi aux expressions chagrines de Pline, qui fait passer la nature pour une marâtre, et qui prétend que Tbomme est la plus misérable et la plu» vaine de toutes les créatures. » Leibniz, Théodicée.

« De môme que les tours du joiio:leur ne sont qu'une vaine apparence, dit la philosophie védanta (2), » « de môme

1. Le pessimisme est l'excès qui fait trouver que tout est au pis dans l'univers. Leibniz le condamne dans sa Théodicée en disant « qu'il ne faut pas être facilement du nombre des mécontents dans la République, i; et que « c'est un vice de tourner tout du mauvais côté » I, 15, 17.

2. Le brahmanisme produisit plusieurs écoles pbilosophiaues : les principales sont l'école védnnia et l'école sankhya. L école védanta est l'école orthodoxe. Les citations qui suivent montrent le nihilisme et le pessimisme mystiques auxquels elle aboutissait. Voir notre Histoire de la Philosophie, livre l.

272 ÉGLAIHGISSEMBNTS SUR L HISTOIRE DK LOPTIMISMË.

le spectacle du monde est une forme trompeuse, sans fond récK De même que le monde des rêves est une illusion, de même aussi le monde du réveil est semblable à un songe. Tout ce qui est division, séparation, repose sur une conception imaginaire. Qa'esl-ce donc que la création ? la métamorphose du monde. La création est une illusion produite par la confusion, par robscurilé qui est dans les noms, les formes, etc., et toute cette confusion naît elle-même de rignorance. La création n'a pas d'autre réalité (1). »

« Jusqu'à quel point, ô Baghavat, dit Subhuti, le Bodhisattva Mahasattva, (le parfait sage), esr-il revêtu de ia grande cuirasse? — C'est, dit Baghavat, lorsque le Bodhisattva Mahasatrva se fait celte réflexion : — Il faut que je conduise au nirvana complet (2) les créatures dont le nombre est immense, il faut que je les y conduise ; et cependant, il n'existe ni créatures qui doivent y être conduites, ni créatures qui y conduisent; parce que c*est le caractère (Pune illusion que le caractère propre qui constitue les êtres ce qu'ils sont. C'est, ô Subhuti, comme si un habile magicien faisait apparaître dans le carrefour de quatre grandes routes une immense foule de peuple, et qu'après l'avoir fait apparaître, il la fît disparaître. — Que penses-tu de cela, ô Subhuti? Y a-t-il là quelqu'un qu'un autre ait tué, ait anéanti, ait fait disparaître? » — Subhuti répondit : « Non certes, Baghavat. — C'est cela même, ô Subhuti, reprit Baghavat ; le Bodhisattva Mahasattva conduit au nirvana complet un nombre immense, incalculable, infini de créatures, et il n'existe ni créatures qui soient conduites, ni créatures qui y conduisent. Si le Bodhisattva Mahasattva, en entendant faire cette exposition de la loi, ne s'effraye pas et n'éprouve pas de crainte, il doit être reconnu, ô Subhuti, comme revêtu d'autant de la grande cuirasse (3). »

« Ainsi, ô Baghavat, ne rencontrant absolument pas de condition (pas de réalité) de Bodhisattva, je ne reconnais pas d'être auquel s'applique ce nom de Bodhisattva. Je ne

1. Philosophie Vedanta, d'après E. Burnouf, Introduction à Phistoire du àoudhisme, 477 et ss.

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