Anéantissement mystique
3. Introduction à l* Histoire du bouddhisme indien, p. 478 et suivantes.
reconnais pas, je ne vois pas de Perfection de la sagesse. Je ne reconnais, je ne vois pas davantage d'Omniscience. Le nom de Bouddha, (le savant), ô Baghavat, n'est qu'un mot ; le nom de Bodhisatlva n'est qu'un mot. » — « Oui, le Bouddha lui-môme, ô respectable Subhuti, est semblable à une illusion ; les conditions du Bouddha elles-mêmes sont semblables à une illusion, semblables à un songe (1). »
« Les hommes sont brûlés par les douleurs de la vieillesse et de la maladie ; ils sont dévorés par le feu de la mort et privés de guide. La vie d'une créature est pareille à l'éclair des cieux. Comme le torrent qui descend de la montagne, elle coule avec une irrésistible vitesse. Pai le fait de l'existence, du désir et de l'ignorance, les créatures, dans le séjour des hommes et des Dieux, sont dans la voie des trois maux. Les ignorants roulent en ce monde, de môme que tourne la roue d'un potier. Les qualités du désir, toujours accompagnées de crainte et de misère, sont les racines des douleurs. Elles sont plus redoutables que le tranchant de l'épée ou la feuille de l'arbre vénéneux. Comme une image réfléchie, comme un écho, comme un éblouissement ou le vertige de la danse, comme un songe, comme un discours vain et futile, comme la magie et le mirage, elles sont remplies de faussetés ; elles sont vides comme l'écume et la bulle d'eau. La maladie ravit aux ôtres leur lustre et fait décliner les sens, le corps et les forces ; elle amène la lin des richesses et des biens. Elle amène le temps de la mort et de la transmigration. La créature la plus agréable et la plus aimée disparait pour toujours ; elle ne revient plus à nos yeux, pareille à la feuille et au fruit tombés de l'arbre dans le courant du fleuve. Tout composé est périssable ; c'est le vase d'argile que brise le moindre choc. Tout composé est tour à tour effet et cause ; nul être n'existe qui ne vienne d'un autre, et de là la perpétuité apparente des substances. Mais le sage ne s'y laisse point tromper. En y réfléchissant, il s'aperçoit que tout composé, toute agrégation n'est que le vide, qui seul est immuable. Les ôtres que nos sens nous révèlent sont vides au dedans, vides au dehors (2). »
^ 1. Pradjna'Parmanista, d'après Burnouf, ibid. 2. Le Bouddha, d'après Burnouf, ibid.
274 ÉCLAIRCISSEMENTS SUR l'IUSTOIRE DE L*0PTIM1SME.
« Ah ! malheur à la jeunesse que la vieillesse doit détruire I Ah ! malheur à la santé que meaacent tant de maladies! Ah ( malheur à la vie où Thomme reste si peu de jours ! La jeunesse, la santé et la vie sont comme le jeu d'un rêve. C'est à moi d'apporter aux hommes et aux dieux la Loi qui doit les délivrer de tant de maux. Après avoir atteint l'intelligence suprême, je rassemblerai les êtres vivants, et, les retirant de l'océan de la création, je les établirai dans la terre de la patience. Hors des pensées nées du trouble des sens, je les établirai dans le repos. En faisant voir la clarté de la Loi aux créatures obscurcies par les ténèbres d'une ignorance profonde, je leur donnerai l'œil qui voit clairement les choses ; je leur donnerai le beau rayon de la pure sagesse, l'œil de la Loi, sans tache et sans corruption (1). »
Quod si jam rerum ignorera priraordia quae sint, Hoc tamen ex ipsis cœli ration ibus ausim GonGrmare aliisque ex rébus reddere inultis, Nequaquam nobis diyinitus esse paratam Naturam rcrum : tan ta stat praedita culpa.... Praeterea genus borriferum natura ferarum, Humanae genti infestum, terrâque manque, Cur alit atque auget? Cur anni tempora morbos Apportant ? Quare mors immatura vagatur ?
Tum porro puer, ut saevis projectus ab undis Navita, nudus burai jacet, infans, indigus omni Yitali auxilio, quum primum in luminis oras Nixibus ex alyo matris natura profudit ; Vagituque locum lugubri complet, utaequumest. Gui tantum in vitâ restet transire malorum !
Ldcrège, y, 196, 231.
La nature a créé l'homme le premier des animaux ; mais elle s'est montrée si avare de ses dons qu'il n'est pas facile de juger si elle a été pour lui une bonne mère ou la pire des marâtres... Elle n'en a créé aucun autre pour les