‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 168 sur 205 · I. — LA PROVIDENCE ET l'OPTIMISME CHEZ SOCRATE · texte numérisé non relu

I. — LA PROVIDENCE ET l'OPTIMISME CHEZ SOCRATE

C'est Socrate qui, le premier, éleva roptimisme à la hauteur d'une théorie. On connaît les pages des Mémorables sur la Providence : — « Le Dieu suprême, dit Socrate, qui dirige et soutient cet univers, celui en qui se réunissent tous les biens et toule la beauté ; qui, pour notre usage, le maintient tout entier dans une vigueur et une jeunesse toujours nouvelles; qui le force d'obéir à ses ordres plus vite que la pensée et sans s'égarer jamais ; ce Dieu est visiblement occupé de grandes choses, mais nous ne le voyons pas gouverner (1). Considérez que le soleil, qui semble exposé à tous les regards, ne permet pas non plus qu'on l'envisage ; quiconque porte sur lui un œil téméraire perd aussitôt la vue. Les ministres mêmes de la Divinité sont invisibles. La foudre est lancée du haut des cieux, elle brise tout ce qu'elle rencontre; mais on ne la voit ni quand elle se précipite, ni quand elle se retire. Si dans notre faible nature quelque chose nous rapproche des dieux, c'est notre âme, sans doute: il est clair qu'elle règne en nous ; cepen-

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