‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 169 sur 205 · Xénopbon. Mémorables, IV · texte numérisé non relu

Xénopbon. Mémorables, IV

286 ÉCLAIRCISSEMENTS SUR L UISTOIRE DE l'oPTIMISME.

dant elle n'est pas visible. Réfléchissez, Euthydème, et ne méprisez pas les substances invisibles ; à leurs effets reconnaissez leur puissance, et révérez la Divinité. »

Socrate distinguait les nécessités matérielles, queXénophon appelle àvâyxai, des causes intellectuelles et finales, que Xénophon appelle la raison et la pensée : NoOç, fpôinifnç. Le mal ne pouvait guère résulter, à ses yeux, que de ces nécessités ; et certainement il n'en attribuait pas à Dieu Toriglne. Aussi pouvons-nous considérer comme Texacle expression de la pensée socratique ce passage de la Réjpublique : c Dieu n'est-il pas essentiellement bon, et t doit-on en parler autrement? — Qui en doute ?... Ce

• qui est bon est bienfaisant... — Oui. — Et par con-

• séquent cause de ce qui se fait de bien ? — Oui. — ■ Ce qui est bon n'est donc pas cause de tout ; il est tt cause du bien, mais il n'est pas cause du mal. — « Gela est incontestable. — Ainsi Dieu, étant essen- « tiellement bon, n'est pas cause de tout, comme on le tt dit souvent ; il n'est cause que d'un petite partie des « choses qui nous arrivent, et non pas du reste ; car nos « biens sont en petit nombre, en comparaison de nos maux; « or il est la seule cause des biens; mais, pour les maux, il t faut en chercher la cause partout ailleurs qu'en lui... On « ne doit donc pas admettre, sur l'autorité d'Homère ou de « tout autre poète, une erreur, au sujet des dieux, aussi « absurde que celle-ci : « Sur le seuil du palais de Jupiter « sont placés des tonneaux remplis, l'un de biens, l'autre tt de maux. » — Ni que t celui pour qui Jupiter puise dans « l'un et dans l'autre, éprouve tantôt du mal, tantôt du tt bien ; » mais que celui pour lequel il ne puise que du « mauvais côté, v la faim dévorante le poursuit sur la terre tt féconde. ■ Et ailleurs : a Jupiter est le distributeur des « biens et des maux. » Si un poète nous raconte que ce lurent t Jupiter et Minerve qui poussèrent Tyndare à rompre la

• foi des serments et la trêve, nous lui refuserons nos « éloges. 11 en sera de même de la querelle des dieux, tt apaisée par le jugement de Thémis et de Jupiter (1). »

On pourrait objecter que, d'après Xénophon, les dieux « nous inspirent la juste opinion qu'ils sont capables de nous

Page 1