Rép., liv. n
LES OPTIMISTES DANS l'aNTIQUITÉ. 287
faire du bien ou du mal: e5 x«i xaxâ; ttomcv (1). » Mais^'par ce mal que nous font les dieux, il faut entendre les punitions qu'ils infligent à ceux qui les méritent; c'est ce que le sens général du passage confirme évidemment. Dans Platon, Socrate donne lui-môme Texplication de ce prétendu mal. « Si quelque poète représente sur la scène les malheurs de « Niobé, ou de la famille de Pélops, ou des Troyens, nous " ne souffrirons pas qu'il dise que ces malheurs sont l'ou- « vrage de Dieu ; ou s'il les lui attribue, il doit en rendre « raison à peu près comme nous : il doit dire que Dieu n'a « rien fait que de juste et de bon, et que le châtiment a « tourné à l'avantage des coupables. Si nous ne souffrons « pas non plus que le poète appelle le châtiment un « malheur, et attribue ce malheur à Dieu, nous lui per- « mettrons de dire que les méchants sont à plaindre, en ce « qu'ils ont eu besoin d'un châtiment, et que Dieu, en les « châtiant, a fait leur bien. Mais employons tous nos moyens « à réfuter celui qui dirait qu'un Dieu bon est auteur de « quelque mal (2). »
Il est difficile de ne pas reconnaître ici la tradition de Socrate, seloQ lequel toute volonté veut nécessairement le bien et jamais le mal en tant que mal. Si Dieu, « cet ami des êtres (3) », veut nous punir, il ne veut cette punition que comme un bien. Tout ce qui nous vient de Dieu est donc bon, et s'il y a dans le monde quelque mal, il faut l'attribuer à toute autre chose qu'à Dieu, à la nécessité de notre nature imparfaite, ou, comme dira Platon, à la nécessité de la matière, qui ne peut prendre entièrement la forme du bien parfait, parce qu'elle doit en rester toujours distincte.
La démonstration de la Providence que Platon expose au dixième livre des Lois sous des formes accessibles à tous les esprits, peut être considérée comme un résumé admirable de l'optimisme socratique, avec son reste de dualisme. Il y a une ressemblance frappante entre ces pages de Platon et l'entretien avec Aristodème dans Xénophon.
« mon fils, tu crois que les dieux existent » (Platon, comme Xénophon, emploie ici le pluriel pour se conformer
t. Mémorables, ibid,