‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 18 sur 205 · Théodicée, à la fin · texte numérisé non relu

Théodicée, à la fin

NOTICE SUR LErBNIZ XXUl

ditions préalables qui le rendent possible. Voilà pourquoi le monde est gouverné par des lois générales, qui sont les raisons des choses ; voilà pourquoi aussi les effets particuliers de ces lois peuvent être tout ensemble relativement mauvais et relativement nécessaires. Mauvais en eux-mêmes, ils sont bons comme moyens pour arriver à la fin parfaite que Dieu s'est proposée. Au reste, Dieu a mis dans chaque partie toute la perfection compatible avec l'ensemble ; car « le plus sage fait en sorte, le plus qu'il se peut, que les moyens soient bons aussi en quelque façon, c'est-à-dire désirables non-seulement par ce qu'ils font, mais encore par ce qu'ils sont (1). »

Leibniz réduit ainsi le mal 'à une conséquence nécessaire de l'imperfection des êtres créés, et cette imperfection est exigée par le principe des indiscernables, selon lequel des créatures absolument parfaites ne se discerneraient pas du créateur. — Mais, dirat-on, pourquoi le principe des indiscernables, à son tour, est-il nécessaire? Comment la bonté divine peut-elle être soumise à cette loi logique, sorte de nouveau destin ? — Leibniz ne l'explique pas.

L'optimisme de Leibniz a pour conséquence la conciliation des causes efficientes et des causes finales. Spinoza avait rejeté ces dernières comme inutiles ; Leibniz, lui, n'admet pas que l'explication des effets par leurs causes exclue l'explication des moyens par leurs fins. De ce que le mouvement d'une aiguille sur un cadran est un effet qui s'explique par les rouages de la montre, il n'en résulte pas que ce mouvement ne soit point aussi une fin voulue par l'ouvrier ; la série

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