‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 19 sur 205 · XXIV NOTICE SUR LEIBNIZ · texte numérisé non relu

XXIV NOTICE SUR LEIBNIZ

des rouages, en même temps qu'elle est une série de causes et d'effets, n'a besoin que d'être reprise en sens inverse pour devenir une série de moyens et de fins. Telle est la nature entière : tout être agit et fait effort ; c'est le principe de la causalité universelle. Tout effort suppose une fin et n'est au fond qu'un désir ou une appôtition : c'est le principe de la finalité universelle. « Les âmes agissent selon les lois des « causes finales, par appétitions, fins et moyens. Les « corps agissent selon les lois des causes efficientes ou tt des mouvements. Les deux règnes, celui des causes « efficientes et celui des causes finales, sont harmo- K niques entre eux (1). »

La tendance de l'activité à sa fin ne résultant point d'une contrainte extérieure, mais d'une spontanéité intérieure, on peut dire que les moyens se disposent d'eux-mêmes en vue de la fin, comme cela a lieu dans les êtres vivants. Le désir, selon Leibniz, ne subit de contrainte que de la part des obstacles qui le contrarient ; mais en lui-même, dans ce qu'il a de positif, il est spontanéité. C'est pourquoi, si le mondé semble offrir un caractère de nécessité physique lorsqu'on le considère dans l'enchaînement de ses causes et de ses effets, il offre un caractère de contingence métaphysique lorsqu'on le considère dans l'enchaînement de ses moyens et de ses fins. Les choses, à la rigueur, pourraient ne pas être, bien que certainement elles doivent être. Elles ne sont pas comme poussées par derrière, elles vont d'elles-mêmes en avant ; au lieu d'une impulsion extérieure, c'est un attrait intime. Leibniz reproduit ainsi la grande conception d'Aristote, selon laquelle le mouvement visible n'est que le

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