‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 188 sur 205 · INSPIRE · texte numérisé non relu

INSPIRE

«Il y a donc aussi quelque chose qui meut éternellement ; et comme il n'y a que trois sortes d'êtres, ce qui est mu, ce qui meut, et le moyen terme entre ce qui est mu et ce qui meut, c'est un être qui meut sans être mu, être éternel, essence pure, et actualité pure.

Or, voici comment il meut. Le désirable et l'intelligible (l) meuvent sans être mus ; et le premier désirable est identique au premier intelligible. Car l'objet du désir, c'est ce qui parait beau, et l'objet premier de la volonté (2), c'est ce qui est beau. Nous désirons une chose parce qu'elle nous semble bonne, plutôt qu'elle ne nous semble telle parce que nous la désirons. Le principe, ici, c'est donc la pensée ;'or, la pensée est mise en mouvement par Tintelligible, et l'ordre du désirable est intelligible en soi et pour soi...

Ainsi le beau en soi elle désirable en soi rentrent l'un et l'autre dans l'ordre de Tintelligible ; et ce qui est premier est toujours excellent, soit absolument, soit relativement. La véritable cause finale réside dans les êtres immobiles (3), c'est ce que montre la distinction établie entre les causes finales ; car il y a la cause finale absolue et celle qui n'est pas absolue.

L'être immobile meut comme objet de l'amour, et ce qu'il meut imprime le mouvement à tout le reste. Or, pour tout être qui se meut il y a possibilité de changement. L'être qui imprime ce mouvement, c'est le moteur immobile. Le moteur immobile est donc un être nécessaire ; et, en tant que nécessaire, il est le bien. »

Aristotb, ibid.

m. félicité divine.

Tel est le principe auquel sont suspendus le ciel et

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