NOTICE SUR LEIBNIZ. XXV
signe de l'invisible désir. « — Les lois du mouvement, « dit Leibniz, naissent de la perception du bien et du <c mal, ou de ce qui est le plus convenable. Les (( causes efficientes dépendent ainsi des causes finales; « les choses spirituelles sont par nature antérieures « aux matérielles, de même que nous voyons Tâme, « qui nous est intime, plus intérieurement que le (( corps, comme l'ont remarqué . Platon et Des- <( cartes (1). » La fatalité en ce monde n'est donc gu'une apparence ; tout s'explique par le développement d'un ressort intérieur, qui est la tendance à la perfection ou le désir spontané du bien.
IV. Au-dessus du désir spontané s'élève la volonté libre, et c'est le j'ègne de la volonté libre qui peut seul constituer, par opposition au monde physique, un monde vraiment moral. De même que Leibniz a concilié d'abord le mécanisme et le dynamisme, puis la causalité et la finalité, il va s'efforcer maintenant de concilier le règne de la nature et le règne de la moralité, qu'il désigne dans sa Théodicée sous le nom théologique de • règne de la grâce. » — Sera-t-il aussi heureux dans cette conciliation que dans les précédentes, et nous donnera-t-il une idée suffisante de la liberté morale ?
Les premières conditions de la liberté, qui en sont, dit Leibniz, « comme le corps et la base, » sont la spontanéité et la contingence. Ces conditions se trouvent au fond de tous les êtres. Quel est le développement nouveau qui doit s'ajouter à l'activité spontanée et contingente pour qu'elle devienne une activité