Le mal
^. Eerrcv -^ vôi90«c vo^o'co); vo^o'c;, formule justement célèbre.
316 ÉCLAIRCISSEMENTS SUK l'hISTOIRE DE L*OPTIMISME.
toujours successivement que Tintelli^ence humaine saisit le bien ; c'est dans un instant indivisible qu'elle saisit son bien suprême. Mais son objet n'est pas elle-même ; tandis que la pensée éternelle, qui saisit aussi son objet dans un instant indivisible, se pense elle-même durant toute réternité. »
Aristote, ibid.
Vf. LA PaOVIDKNCE DANS L'ONIVERS SUPPOSE UN PRINCIPE
SUPéRIEUR A l'univers.
« Il nous fautexaminer aussi comment Punivers renferme le souverain bien ; si c'est comme un être indépendant, qui existe en soi et par soi, ou bien comme Tordre du monde ; ou enfin si c'est des deux manières à la fois, ainsi que dans une armée. En effet, le bien de l'armée, c'est à la fois Tordre qui y règne et son général, surtout son général: ce n'est pa^^ l'ordre qui fait le général, c'est le général qui est la cause de Tordre. Tout a une place marquée dans le monde, poissons, oiseaux, plantes ; mais il y a des degrés différents, et les êtres ne sont pas isolés les uns des autres ; ils sont dans une relation mutuelle, car tout est ordonné en vue d'une existence unique. Il en est de l'univers comme d'une famille. Là les hommes libres ne sont point assujettis à faire ceci ou cela suivant l'occasion ; toutes leurs fonctions, ou presque toutes, sont réglées. Les esclaves, au contraire, et les bêtes de somme, concourent pour une faible part à la fin commune, et habituellement Ton se sert d'eux au gré des circonstances. Le principe du rôle de chaque chose dans Tunivers, c'est sa nature même : tous les êtres, veux-je dire, vont nécessairement se séparant les uns des autres ; et tous, dans leurs fonctions diverses, conspirent à Tharmonie de l'ensemble.
Non-seulement ceux qui reconnaissent deux principes doivent admettre un autre principe supérieur, mais les partisans des Idées doivent admettre, eux aussi, un principe supérieur aux Idées ; car en vertu de quoi y a-t-il eu déjà, y a-t-il encore participation des choses avec les Idées?. .. Ce qui est premier n'a pas de contraire (1)....
i. C'est à-dire que le premier principe, ou Dieu, n'a point devant lui un principe contraire et éternel.
l'optimisme chez les stoïciens. 317
Il ne faut pas faire de Tessence de Funivers une collection d'épisodes, car qu'importe alors à une essence qu'une autre essence existe ou n'existe, pas ? Les autres philosophes ont une multitude de principes ; mais les êtres ne veulent pas êlre ainsi mal gouvernés :
Le commandement f^e plusieurs n'est pas bon; il ne faut qu'un seul ctief (1). »
ARISTOTE, ibid.
VI — l'optimisme chez les stoïciens.