‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 23 sur 205 · Ed. Dutens, I, 98. Nouveaux essais, II, 21, 8, p · texte numérisé non relu

Ed. Dutens, I, 98. Nouveaux essais, II, 21, 8, p

XXVni NOTICE SUR LEIBNIZ.

cord avec la providence universelle. C'est ainsi que Leibniz espère concilier la liberté et la providence, le règne moral et le règne de la nature, l'activité individuelle et le déterminisme universel.

D'après ce qui précède, d'où peut venir le mal moral ? Leibniz répond comme Socrate et Platon : — De l'ignorance et de l'erreur : « Peccatum omne ah errore (1). » Au fond, cela revient à dire que, si le bien est libre, le mal ne Test pas.

Quelque profonde que soit toute cette théorie de Leibniz, suffit-elle à constituer une liberté vraiment morale^ et non pas seulement intellectuelle ? Y a-t-il une grande différence entre la notion de la liberté que propose Leibniz et celle des stoïciens ou de Spinoza? A vrai dire, être libre au sens de Leibniz, c'est simplement avoir conscience de la nécessité de ses actes en tant que moyens du plus grand bien. Ce n'est plus là sans doute une nécessité produite par contrainte extérieure, mais plutôt une nécessité de convenance intérieure et de désir; cependant, si le désir conscient de lui-même est spontané, peut-on dire qu'il soit vraiment libre?

Il ne semble pas que Leibniz, en définitive, se soit élevé ni au-dessus du désir ni au-dessus de l'intelligence, II laisse toujours subsister en dehors de la volonté une fin différente d'elle-même, qu'elle connaît et poursuit nécessairement ; mon désir a beau être mien^ mon mouvement a beau être mien, la dernière raison de ce désir ou de ce mouvement n'est pas en moi, mais en dehors de moi. Pour que ma liberté fût réelle, il faudrait que la fin poursuivie ne fût pas différente de la liberté même, et que la liberté fût

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