‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 35 sur 205 · CARACTÈRE DE LEIBNIZ · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DE LEIBNIZ

Il était toujours d'une humeur fort gaie ; et à quoi servirait sans cela d'être philosophe I On l'a vu très-afûigé à la mort du feu roi de Prusse et de l'électrice Sophie. La douleur d'un tel homme est la plus belle oraison funèbre.

Il se mettait aisément en colère, mais il en revenait aussitôt. Ses premiers mouvements n'étaient pas d'aimer la contradiction sur quoi que ce fût, mais il ne fallait qu'attendre les seconds ; et en efiet, ces seconds mouvements, qui sont les seuls dont il reste des marques, lui feront éternellement honneur.

M. Leibniz laissait aller le détail de sa maison comme il plaisait à ses domestiques, et il dépensait beaucoup en négligence ; cependant la recette était toujours la plus forte, et on lui trouva après sa mort une grosse somme d'argent

comptant qu'il avait cachée. C'étaient deux années de son revenu. Ce trésor lui avait causé pendant sa vie de grandes inquiétudes qu'il avait confiées à un ami ; mais il fut encore plus funeste à la femme de son seul héritier, fils de sa sœur» qui était curé d'une paroisse près de Leipzig. Cette femme, en voyant tant d'argent ensemble qui lui appartenait, fut si saisie de joie, qu'elle en mourut subitement.

SUR LA BONTÉ DE DIEU LA LIBERTÉ DE LHOMMS ET l'ORIGINE DU MAL ^

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