Rép, à un Proo,, 8« vol., chap. cxx\x et cxxx
S. 11 a développé celte thèse dans les Pensée» diverses à l'occasion de la comète de 1780, et dans la Continuation des pensées diverses, en se servant de quelques arguments empruntés au Traité de la superstition de Plutarque.
F. UEBNIZ. 2.
34 ESSAIS DE TfiÉODrcËE.
quand même toute là vérité dont il s'agit n'y serait pas. Maïs il n'arrive que trop souvent qUe la dévotion est étouffée par des façons, et que la lumière divine est obscurcie par les opinions des hommes.
Les païens» qui remplissaient la terre avant rétablissement du christianisme, n'avaient qu'une seule espèce de formalités ; ils avaient des cérémonies dans leur culte, mais ils ne connaissaient point d'articles de foi, et n'avaient jamais songé à dresser des formulaires de leur théologie dogmatique. Ils ne savaient point si leurs dieux étaient de vrais personnages, ou dés symboles des puissances naturelles, comme du soleil, des planètes, des éléments. LéUrs mystères ne consistaient point dans des dogmes difficiles, mais dans certaines pratiques secrètes, où les profanes, c'est-à-dire ceux qui n'étaient point initiés, ne devaient jamais assister. Ces pratiques étaient bien souvent ridicules et absurdes, et il fallait les cacher pour les garantir du mépris. Les païens avaient leurs superstitions ; ils se vantaient de miracles ; tout était plein cheî eux d'oracles, d'augures, de présages, de divinations ; les prêtres inventaient des marques dé la colère ou de la bonté des dieux, dont ils prétendaient être les interprètes. Gela tendait à l'ouverner les esprits par la crainte et par Texpérience des événements humains ; mais le grand avenir d'une autre vie n'était guère envisagé : on ne se mettait point en peine de donner aux hommes de véritables sentiments de Dieu et de l'âme.
De tous les anciens peuples, on ne connaît que les Hébreux qui aient eu des dogmes publics de leur religion. Abraham et Moïse ont établi la croyance d'un seul Dieu, source de tout bien, auteur de toutes choses. Les Hébreux en parlent d'une manière très-digne de la souveraine substance, et on est surpris de voir des habitants d'un petit
servateur du droit naturel. Les pasteurs lui ont fait des répriinuodes publiques et inutiles {Eloge de Leibnix). Quoiqu'il ne crût point à la religion révélée, nous yerrons plus loin Leibnl?. s'efforcer de concilier la ttiéologie avec la philosoptiie.