‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 5 sur 205 · VIII NOTICE SUR LEIBNIZ · texte numérisé non relu

VIII NOTICE SUR LEIBNIZ

raison dans ces êtres simples, qui sont les vrais individus. Les monades sont donc les éléments primitifs de tous les êtres, et pour ainsi dire les points initiaux de tout ce qui apparaît. On pourrait les appeler des âmes, puisqu'elles animent tout; mais Leibniz réserve ce nom pour les monades plus développées qui sont parvenues à sentir et à penser.

Quel est le nombre des individus ou monades dont la totalité forme l'univers ? — Si vous vous arrêtez à un nombre déterminé, Leibniz demandera pourquoi vous n'admettriez pas le nombre suivant ; vous faites donc une af&rmation sans raison suffisante. Dieu luimême n'a aucune raison pour s'arrêter à un nombre fini d'êtres : est-ce en effet la puissance qui lui manque ? est-il avare de ses dons ? ne pouvait-il réaliser un nombre supérieur d'individus ? L'infini seul est digne de Dieu : aussi, dans la nature, tout va à l'infini. Un nombre infini est sans doute, selon l'inventeur du calcul infinitésimal, une expression contradictoire, parce que le mot nombre désigne une quantité qu'on peut nombrer et par conséquent finie; mais dans l'infinité il n'y a rien de contradictoire : loin de là, l'infinité actuelle des êtres simples, qui sont sans'nombre, est une conclusion nécessaire du principe de la raison suffisante.

De là il suit que tout est plein dans la nature. Le vide, c'est le néant, et pourquoi y aurait-il du vide ? La puissance créatrice est donc bornée I Pourquoi encore ce vide serait-il ici plutôt que là? Toutes les parties de l'espace ne sont-elles donc pas exactement semblables? — Voilà des choses sans raison, des choses impossibles.

S'il n'y a pas de vide, le monde est infiniment étendu. Pour quelle raison , demande Leibniz à

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