Prescience, science de l'avenir
4. Providence, action de pourvoir à Tavenir; préordinalion, action de régler d'avance l'ordre des choses.
62 ESSAIS DE THÉODIGÉB.
tout est lié parfaitement dans Tordredes choses, puisque rien ne saurait arriver sans qu'il y ait une cause disposée comme il faut à produire l'effet ; ce qui n'a pas moins lieu dans les actions volontaires que dans toutes les autres. Après quoi il parait que Thomme est forcé à faire le bien et le mal qu'il fait, et, par conséquent, qu'il n'eu mérite ni récompense ni châtiment, ce qui détruit la moralité des actions et choque toute la justice divine et humaine.
Mais, quand on accorderait à l'homme cette liberté dont il se pare à son dam (1), la conduite de Dieu ne laisserait pas de donner matière à la critique, soutenue par la présomptueuse ignorance des hommes qui voudraient se disculper en tout ou en partie aux dépens de Dieu.L'on objecte que toute la réalité et ce qu'on appelle la substance de Pacte (2) dans le péché môme, est une production de Dieu, puisque toutes les créatures et toutes leurs actions tiennent de lui ce qu'elles ont de réel; d'où l'on voudrait inférer non-seulement qu'il est la cause physique (3) du péché, mais aussi qu'il en est la cause morale (4), puisqu'il agit trèslibrement, et qu'il ne fait rien sans une parfaite connaissance de la chose et des suites qu'elle peut avoir.
Et il ne suffît pas de dire que Dieu s'est fait une loi de concourir avec les volontés ou résolutions de l'homme, soit dans le sentiment commun, soit dans le système des causes occasionnelles (5); car, outre qu'on trouvera étrange qu'il se soit fait une telle loi, dont il n'ignorait point les suites, la principale difficulté est qu'il semble que la mauvaise volonté même ne saurait exister sans un concours et môme sans quelque prédétermination de sa part, qui contribue à faira naître cette volonté dans l'homme ou dans quelque