X NOTICE SUR LEIBNIZ
et disperserons-nons l'être en atomes de /brcc, comme les épicuriens Téparpillaient en atomes de matière ? Non ; le principe de la raison suffisante, qui engendrait tout à rheure la loi des indiscernables, va donner naissance à une loi non moins importante, celle de la continuité : la variété des êtres sera ainsi ramenée à rharmonie.
Nous savons déjà qu'il n'y a point de vide dans le temps, ni dans l'espace, ni dans la quantité des êtres; car le vide serait un néant. Partout s'applique cette même loi, partout la continuité, partout aussi l'infinité ; car tout continu, dit Leibniz, est un infini. S'il en est ainsi, l'unité se retrouvera dans la variété même. Par exemple, dans le mouvement continu par lequel je fais un pas en avant, il y a une infinité de positions intermédiaires, et je réalise cette infinité en marchant : c'est le labyrinthe de la quantité conti^ nue. Même passage insensible d'un être à l'autre, d'une forme à l'autre ; le « vide des formes » est impossible. Grâce à cette loi universelle de continuité, ce qui était séparé se relie, ce qui était divers devient semblable, la distinction se ramène à l'analogie : tout est dans tout. « En juger autrement, c'est peu con- « naître l'immense subtilité des choses, qui enveloppe « toujours et partout un infini actuel (1). »
Comment peuvent se concilier, dans les monades, le principe des indiscernables qui demande la variété, et le principe des continus qui demande l'unité ? Comment tous les individus peuvent-ils être à la fois différents et ressemblants ? — Pour cela, dit Leibniz, il faut que chacun enveloppe et possède en