‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 78 sur 205 · Ou suffisante · texte numérisé non relu

Ou suffisante

de raisonnements très^ustes et très-utiles dont 11 est le fondement; et il ne souffre aucune exception, autrement sa force serait affaiblie. Aussi n'est-il rien de si faible que ces systèmes où tout est chancelant et plein d'exceptions. Ce n'est pas le défaut de celui que j'approuve, où tout va par règles générales qui tout au plus se limitent entre elles. • Il ne faut donc pas s'imaginer, avec quelques scolastiques qui donnent un peu dans la chimère, que les futurs contingents libres soient privilégiés contre cette règle générale de la nature des choses. Il y a toujours une raison prévalente qui porte la volonté à son choix, et il suffît, pour conserver sa liberté, que cette raison incline sans nécessiter (1). C'est aussi le sentiment de tous les anciens, de Platon, d'Aristote, de saint Augustin. Jamais la volonté n'est portée à agir que par la représentation du bien (2), qui prévaut aux représentations contraires. On en convient môme à l'égard de Dieu, des bons anges et des âmes bienbeureuses; et l'on reconnaît qu'elles n'en sont pas moins libres. Dieu ne manque pas de choisir le meilleur, mais il n'est point contraint de le faire, et môme il n'y a point de nécessité dans l'objet du choix de Dieu, car une autre suite des choses est également possible. C'est pour cela même que le choix est libre et indépendant de la nécessité, parce qu'il

se fait entre plusieurs possibles, et que la volonté n'est déterminée que par la bonté prévalente de l'objet. Ce n'est donc pas un défaut par rapport à Dieu et aux saints : et, au contraire, ce serait un grand défaut, ou plutôt une absurdité manifeste, s'il en était autrement, môme dans les hommes ici-bas, et s'ils étaient capables d'agir sans aucune raison inclinante. C'est de quoi ou ne trouvera jamais aucun exemple ; et lorsqu'on prend un parti par caprice.

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