Il suffit I Leibniz en parle à son aise
2. Le mot représentation semble mal choisi, comme exprimant une sorte d'impression fatale du bien. Le bien n'est du reste pas un objet essentiellement distinct de la volonté même et extérieur à elle.
pour montrer sa liberté, le plaisir ou Tavantage qji'on croit trouver dans celte affectation est iine des raisons qui y portent (l).
Il y a donc une liberté de contingence ou, en quelque façon, d'indifférence, pourvu qu'on entende par Vindiffé^ rence que rien ne nous nécessite pour l'un ou pour l'autre parti; mais il n'y a jamais d'indifférence d'équilibre, c'est-à» dire où tout soit parfaitement égal de part et d'autre sans qu'il y ait plus d'inclination vers un côté. Une infinité de grands et de petits mouvements internes et externes concourent avec nous, dont le plus souvent l'on ne s'aperçoit pas ; et j'ai déjà dit que, lorsqu'on sort d'une chambre, il y a telles raisons qui nous déterminent à mettre un tel pied devant, sans qu'on y réfléchisse. Car il n'y a pas partout un esclave, comme dans Ja maison de Trimalcion, chez Pétrone, qui nous crie : Le pied droit devant. Tout ce que nous venons de dire s'accorde aussi parfaitement avec les maximes des philosophes qui enseignent qu'une cause ne saurait agir sans avoir une disposition à l'action ; et c'est cette disposition qui contient une prédéterminalion, soit que l'agent l'ait reçue du dehors, ou qu'il l'ait eue en vertu de sa propre commission antérieure (2).
Ainsi on n'a point besoin de recourir, avec quelques nouveaux thomistes, à une prédétermination nouvelle immédiate de Dieu, qui fasse sortir Ja créature libre de son Indifférence, et à un décret de Dieu de la prédéterminer, qui donne moyen à Dieu de connaître ce qu'elle fera : car il suffît que la créature soit prédéterminée par son état précédent, qui l'incline à un parti plus qu'à l'autre; et toutes ces liaisons des actions de la créature et de toutes les créatures étaient représentées dans l'entendement divin,