‹ Extraits de la Théodicée, avec introd.,notes, et éclairoissements sur l'histoire de l'optimismeChapitre 93 sur 205 · RÉPONSE AUX OBJECTIONS DE BAYLE · texte numérisé non relu

RÉPONSE AUX OBJECTIONS DE BAYLE

Jusqu'ici, nous nous sommes attachés à donner une exposition ample et distincte de toute cette matière ; et quoique nous n'ayons pas encore parlé des objections de M. Bayle en particulier, nous avons tâché de les prévenir, et de donner les moyens d'y répondre. Mais, comme nous nous sommes chargés du soin d'y satisfaire en détail, nonseulement parce qu'il y aura peut-être encore des endroits qui mériteront d'être éclaircis, mais encore parce que ses instances sont ordinairement pleines d'esprit et d'érudition, et servent à donner un plus grand jour à cette contre-

verse, il sera bon d'en rapporter les principales, qui se trouvent dispersées dans ses ouvrages, et d'y joindre nos

solutions.

Comme c'est en cela que M. Bayle se fait fort principalement de battre en ruine ceux qui soutiennent qu'il n'y a rien dans la foi qu'on ne puisse accorder avec la raison, c'est aussi particulièrement ici qu'il faut montrer que nos dogmes sont munis d'un rempart môme de raisons capables de résister au feu de ses plus fortes batteries, pour nous servir de son allégorie. Il les a dressées contre nous dans le cbapilre CXLIV de sa Réponse aux questions d'un provincial (lom. m, pag 812), où il renferme la doctrine tbéologique en sept propositions, et y oppose dix-neuf maximes philosophiques, comme autant de gros canons capables de faire brèche dans notre rempart. Commençons par les propositions théologiques.

I. a Dieu, dit-il, l'être éternel et nécessaire, infîni- « ment bon, saint, sage et puissant, possède de toute éter- « nité une gloire et une béatitude qui ne peuvent jamais ni c croître ni diminuer. ■

IL a li se détermina librement à la production des a créatures, et il choisit entre une infinité d'êtres pos- « sibles ceux qu'il lui plut, pour leur donner Texistence a et composer l'univers, et laissa tous les autres dans le a néant. »

III. tf La nature humaine ayant été du nombre des t êtres qu'il voulut produire, il créa un homme et une « femme, et leur accoi-da entre autres faveurs le franc ar- « bitre ; de sorte qu'ils eurent le pouvoir de lui obéir ; c mais il les menaça de la mort s'il désobéissaient à l'ordre c qu'il leur donna de s'abstenir d'un certain fruit. »

IV. « Ils en mangèrent pourtant, et dès lors ils furent con- « damnés eux et toute leur postérité aux misères de cette c vie, à la mort temporelle et à la damnation éternelle, et a assujettis à une telle inclination au péché, qu'ils s'y aban. « donnent presque sans lin et sans cesse. >

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