‹ Extraits de MontaigneChapitre 104 sur 353 · Voir page 44. note · texte numérisé non relu

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5. Le mot a fait fortune, et il le méritait pour son ironie légère.

— Déjà, au .\vi' siècle, il était admis que le Français était plus spiritutl que profond. — Du tout, dans rien du tout, a le sens que nous avons indiqué plus haut, de complètement : rien compUtementy rien à fond.

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je sçav qu'il y a une médecine, une jurisprudence, quatre parties en la mathématique ', et e*i gros ce a quov elles visent ^ ; mais de y enfoncer plus avant, de m'estre rongé les ongles à l'estude de Platon ou d'Aristote 5, ou opiniâtre après quelque science solide, je ne l'ay jamais faict + : ce n'est pas mon occupation.

L'Histoire, c'est mon gibier > en matière de livres <>, ou la poésie, que j'ayme d'une particulière inclination : car, comme disoit Cleantes /, tout ainsi que la voix, contrainte dans l'étroit canal d'une trompette, sort plus aiguë et plus forte, ainsi me semble il que la sentence **, pressée aux pieds nombreux ? de la poésie, s'eslance bien plus brusquement et me fiert '° d'une plus vive

1. La tmithématique. — On emploie maintenant ce mot au pluriel ; mais il semblerait plus logique de dire la mathcmatique, comme on dit la mécanique, la physique. « D'Aguesseau se plaisait à toutes les parties de la physique et de la malhctiiaihiqiie. » (Saint-Simon). — Les « quatre parties », c.-i-d. arithmétique, musique, géométrie, astronomie, composaient le quadriviiim, tandis que le trivium comprenait la grammaire, la rhétorique et la dialectique.

2. Dans l'édition de 1595 : c Ht à l'adventure encore sçai-je la prétention des sciences en gênerai au service de nostre vie. »

3. Montaigne dit, dans l'édition de 1)9) : « Aristote, monarque de la doctrine moderne. »

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