‹ Extraits de MontaigneChapitre 128 sur 353 · Ire, de ira : la colère de Dieu · texte numérisé non relu

Ire, de ira : la colère de Dieu

que la pcpie en tienne des-jù les Cannibales '. A voir nos guerres civiles, qui ne crie que cette machine se bouleverse, et que le jour du jugement nous tient au collet, sans s'aviser que plusieurs pires choses se sont veuës, et que les dix mille parts - du monde ne laissent

f»as de galler ' le bon temps cependant ? Mov, selon leur icence et impunité, admire ■♦ de les voir si douces et molles. A qui il gresle sur la teste, tout l'hemisphcre semble estre en tempeste et orage; et disoit le savoiart que, si ce sot rov de France eût sceu bien conduire sa fortune, il estoit homme pour devenir maistre d'hostel de son duc >. Son imagination ne concevoit autre plus eslevée grandeur que celle de son maistre ''. Mais qui se présente, comme dans un tableau, cette grande image de nostre mère nature en son entière magesté ; qui lit en son visage une si générale et constante variété ;

1. L'expression surprend d'abord et p.irait tirée de loin. Le sens est que déjà la colère de Dieu s'annoHvant, les Cannibales, de peur, en sont réduits à ne plus boire et à mourir de soif. Car la pépie est une maladie qui pèle la langue des animaux; et les empêche de boire. Le prêtre de Mont-iigne a donc tort d'étendre à toute la terre les intempéries qui éprouvent son village.

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